NOTES DU LIVRE III.
298
deux. Cette erreur est du reste facile à comprendre. Le nombre
des colonnes a dû être marqué de cette manière en chiffres romains, -
XXXIIII; le premier i après les x étant incliné 1, le copiste
l'aura pris pour l'une des branches d'un v.
63.— Propter asperitatem. Cette expression représente assez
bien l’inégalité de superficie qu’un grand nombre de colonnes
donne aux côtés d'un temple, lorsqu'on les regarde des angles
L’effet de cet aspect est de faire paraître les colonnes serrées l’une
contre l’autre. Il plaisait aux anciens, qui faisaient construire
moins de diastyles et d’eustyles que de pycnostyles et de systyles.
Hermogène, dans l'eustyle, élargit l'entre-colonnement du milieu,
et dégageant le diptère d'un rang de colonnes, en fit le pseudodiptère. -
A son exemple, Perrault trouva moyen, et c'est, selon
de Bioul, la plus belle invention des architectes modernes, d'élargir -
tous les entre-colonnements sans rien ôter à l'édifice de sa
solidité. Ce que le premier fit en ôtant un rang de colonnes dans
chaque aile, l'autre le fit dans chaque rang, en ôtant une colonne
du milieu des deux autres où elle était, pour la ranger contre une
de ses voisines. Cette manière offre en quelque sorte l'âpreté et
le serrement des colonnes que les anciens aimaient, et le dégagement -
que cherchent les modernes, sans que la solidité en souffre.
C'est avec le plus grand succès que Perrault a ainsi exécuté les
deux portiques qui sont à la façade du Louvre, un des plus beaux
morceaux d'architecture qui existent.
64. — Edibus aræostylis. Vitruve établit en principe qu'il
faut donner aux colonnes de l'aréostyle huit diamètres de hau
teur; au diastyle, huit et demi ; au systyle, neuf et demi; au
pycnostyle, dix ; à l'eustyle, neuf et demi, comme au systyle. La
précision aveç laquelle Vitruve détermine la hauteur des colonnes,
pour chaque espèce d’entre-colonnements, nous fait voir que
tous les ordres ne conviennent pas également pour chacune de
ces espèces. Elle n'est cependant pas invariable, et Vitruve s'en
écarte dans plus d'un endroit. Dans l'alinéa suivant il parle des
changements nécessités par les règles de l'optique, et au ch. 9
du liv. v, où il traite des portiques à construire derrière la scène,
il nous apprend que les proportions des colonnes ne sont pas
les mêmes que pour les temples. Il ne faut donc pas s'étonner
que dans les ruines des anciens monuments on rencontre dans
les, colonnes des proportions qui varient, et qui s'écartent de
celles qui sont établies par Vitruve. Il a suivi Hermogène dans
les proportions des colonnes de l'eustyle, et toutes les fois, dit