ET SUR SES ÉCRITS.
Sur les dix livres, sept sont consacrés à l'architecture proprement -
dite : le rer traite de cet art en général, des qualités nécessaires -
à l'architecte, du choix des lieux pour bâtir une ville, etc.;
le ne, des matériaux propres à la bâtisse, de l'extraction des
pierres, de la coupe des bois de construction; le iire, des temples, -
des quatre ordres d'architecture en général, et particulièrement -
de l'ionique; le ive, de l'ordre dorique, du corinthien
et du tosçan ; le ve, des édifices publics; le vre, des maisons de la
ville et de la campagne; le viie, des ornements et de la décoration
des édifices particuliers. Le Vine est consacré à l'hydraulique;
le ixe, à la gnomonique; le xe, à la mécanique. Voilà un plan
qui bien développé semblerait devoir contenir tout ce qui concerne -
l'architecture, l'hydraulique, la gnomonique et la meca
nique. Mais combien de choses qui touchent de très-près à l’art,
n’ont été qu’effleurées ! Vitruve se tait sur les prisons et sur les
bâtiments du trésor; il explique si peu la forme des cheminées
et des foyers, que les savants sont encore à se demander s'il y
en avait ou non chez les anciens. Il ne dit que quelques mots
sur la construction des arcades, des voûtes, des cintres; il ne
parle point des ponts, des tombeaux, des arcs de triomphe, des
voies publiques, si remarquables chez les Romains, des amphithéâtres, -
des cirques, des fenêtres; il est bref et sec en ce qui
regarde les aqueducs; sec et vulgaire en ce qui a rapport à la
mécanique. Il s'étend longuement sur la musique sans nous apprendre -
en quoi elle est bien applicable à son art. Il y a beaucoup -
d’obscurité dans son architecture militaire.
Mais à côté de ces défauts se trouvent tant de choses importantes, -
que Vitruve n’en reste pas moins un des auteurs les plus
précieux que nous ait légués l'antiquité. Et ce qui prouve combien -
il a été estimé, même dans les siècles les plus barbares,
c'est le grand nombre des manuscrits de son œuvre qui ont
échappé aux ravages des temps et des hommes, et que l’on conserve -
si soigneusement dans les plus célèbres bibliothèques.
Aussi ce traité peut-il, en quelque sorte, nous consoler de la
perte de tous les autres dont il renferme les principes épars.
Si Vitruve ne peut être regardé comme un de nos meilleurs
auteurs classiques, convenons pourtant que, quand il ne se livre
point aux enseignements de son art, quand il ne passe point en