Volltext : Tome premier (1)

NOTES  DU  LIVRE  II.
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ment  de  force  et  de  densité,  parce  que  la  substance  destinée  à
former  le  nouveau  bois,  se  trouvant  arrêtée,  est  contrainte  de  se
fixer  dans  tous  les  vides  de  l'aubier  et  du  cœur  même  de  l'arbre.
Au  printemps,  lorsque  la  sève  monte  en  abondance,  on  enlève
l'écorce  qui  se  détache  facilement;  l'arbre  est  laissé  debout  pendant -
  toute  l'année.  Le  printemps  suivant,  tout  écorcé  qu'il  est,  il
pousse  quelques  bourgeons,  des  feuilles,  des  fleurs  et  même  des
fruits;  on  lui  laisse  encore  achever  cette  année  sur  pied;  on  ne
le  coupe  que  dans  la  saison  où  l'on  coupe  les  arbres.  Voyez
PLINE,  Hist.  Nat.,  liv.  xvi,  ch.,64.
Le  philosophe  qui  le  premier  saisit  les  analogies  entre  les  planles -
  et  les  animaux,  eut  une  idée  heureuse,  bien  que  ces  analogies
soient  loin  d'être  exactes.  Au  reste,  il  est  assez  raisonnable  de
comparer,  comme  le  fait  Pline  (Hist.  Nat.,  liv.  XVI,  ch.  72),  l'écorce -
  à  la  peau,  la  médule  végétale  à  la  moelle  des  animaux,  la
fibre  ligneuse  à  la  fibre  musculaire,  les  vaisseaux  conducteurs  des
fluides  aux  vaisseaux  conducteurs  du  sang,  etc.
Perrault,  dans  le  tome  premier  de  ses  Essais  de  physique,  tire
un  précepte  assez  important  pour  l’emploi  du  bois  dans  les  bâtiments, -
  qui  est  de  poser  les  pièces  qui  sont  debout  dans  une  situation -
  contraire  à  celle  qu’elles  ont  naturellement  étant  sur  pled:
car,  par  ce  moyen,  on  peut  empêcher  que  l'eau  qui  tombe  dessus
ne  les  gâte,  comme  elle  ferait  si  le  bois  était  dans  sa  position  naturelle. -
  La  raison  en  est  que  les  conduits  qui,  dans  les  bois,  sont
disposés  pour  laisser  couler  l'humidité  superflue  par  la  racine,
laissent  aisément  pénétrer  l’eau  qui  est  de  même  nature  que  celte
humidité  superflue  ;  ce  qui  n'arrive  pas  aussi  facilement,  le  bois
étant  renversé,  parce  qu’alors  l’eau  ne  rencontre  que  des  con
duits  disposés  à  faire  couler  l'humeur  huileuse  destinée  à  la  nourriture -
  de  la  plante,  avec  laquelle  une  substance  simplement
aqueuse,  telle  qu'est  celle  de  la  pluie,  ne  se  mêle  pas  facilement.
101.—  Ad  imum  perforata  castrantur.  Pour  suivre  l'analogie
établie  par  Pline  entre  les  plantes  et  les  animaux,  cette  évacuation
de  l’humidité  aqueuse  ne  tient-elle  pas  lieu  de  saignée  aux  arbrisseaux? -
  Comparons  cette  humidité  aqueuse  qui  descend  par  l'aubier, -
  à  l'autre  qui  monte  par  l'écorce  :  n'est-elle  pas  comme  le
sang  veineux  de  l'arbre,  de  même  que  l'humidité  huileuse  est
comme  le  sang  artériel?  Si  la  saignée  est  salutaire  aux  animaux
l'effet  de  cette  évacuation  ne  l'est  pas  moins  à  la  plante.  Cett
humidité  trop  abondante,  descendant  dans  la  racine  pour  y  ent
çuite  et  perfectionnée,  ne  trouvant  pas  des  forces  proportionnees
            
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