VITRUVE. LIV. II.
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tait pas qu'ils fussent lancés bien loin du mur, ordre fut
donné de jeter au pied de la tour des fagots formés de
petite sbranches, et des torches enflammées; ce qui fut
à l'instant exécuté par les soldats.
La flamme qui enveloppa immédiâtement la tour,
s'élevant jusqu'au ciel, fit croire qu'on allait bientôt la
voir crouler tout entière. Mais quand, faute d'aliment
la flamme se fut calmée et éteinte, et que la tour eut apparu -
sans avoir été endommagée, César étonné fit faire
une tranchée autour de la place, hors de la portée des
traits des assiégés qui, forcés par la peur, se rendirent
aux Romains. On leur demanda d'où venait ce bois sur
lequel le feu n'avait aucune action. Ils montrèrent ces
arbres dont la contrée est couverte, et qui avaient fait appeler -
ce château Larignum, du nom de larix qu'ils portent -
eux-mêmes. On transporte par le Pô ce bois à Ravenne, -
dans la colonie de Fano, à Pisaure, à Ancône
et dans les autres municipes de cette contrée. Si l'on pouvait -
le faire venir jusqu'à Rome, il serait d'une bien
grande utilité pour les bâtiments; dût-on ne l'employer
qu'en planches pour les auvents des maisons qui bornent
les iles qu'elles semblent former, il empêcherait que,
dans un incendie, le feu ne passât d'un groupe à l'autre,
puisqu'il est à l'épreuve de la flamme et qu’il ne peut se
convertir en charbon.
Ces arbres ont les feuilles semblables à celles du pin;
le bois a le fil long, se prête aux travaux de menuiserie
aussi bien que le sapinea, et produit une résine liquide
de la même couleur que le miel attique; elle guérit les
phthisiques.
Je viens de traiter des différentes espèces d'arbres,
des propriétés qu'elles semblent avoir reçues de la nature, -
et des principes qui les composent; il me reste à
examiner pourquoi le sapin qu'on appelle à Rome su¬