VITRUVE. LIV, II.
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Ainsi, lorsque l'automne a mûri les fruits et flétri le
feuillage, les arbres retiennent en eux tous les sucs que
leurs racines puisent dans la terre, et recouvrent leur
première compacité. C'est alors que le froid de l'hiver
en resserre, en raffermit la substance. Voilà pourquoi
le temps indiqué ci-dessus est le plus convenable à la
coupe des bois de construction.
Cependant avant d'abattre les arbres, il faut les cerner -
dans leur épaisseur jusqu'à la moitié du cœur, et les
laisser sécher sur pied , en ouvrant aux sucs cette voie
d’écoulement. Ainsi l’humidité inutile qu’ils renferment
venant à sortir à travers l'aubier, empêchera qu'ils ne
pourrissent, et que leur qualité ne se détériore. Quand
l'arbre sera bien sec, et qu'il n’en sortira plus d'humidité,
il faudra l'abattre ; il sera très-bon à mettre en œuvre.
Les excellents résultats de ce procédé peuvent être
remarqués jusque dans les arbustes. Si à une certaine
époque on en arrête la sève, en les perçant par le bas,
on les verra répandre par les trous qu'on y aura pratiqués -
la liqueur surabondante et vicieuse que contenait
le cœur du bois, et se ranimer pour longtemps en perdant -
leur humidité. Or, l'humeur aqueuse qui ne trouve
pas d'issue, s'épaississant dans l'intérieur des arbres, s'y
putréfie et les jette dans un état de faiblesse et de langueur. -
Si donc on les laisse sécher sur pied, nul doute
qu'étant abattus pour le service, avant qu'ils ne soient
morts, et après qu'ils auront subi cette opération, ils
ne renferment les conditions de durée nécessaires pour
l'usage auquel ils sont destinés dans les édifices.
Il s'en faut beaucoup qu'on rencontré les mêmes propriétés -
dans le chêne, l'orme, le peuplier, le cyprès, le
sapin, et dans les autres arbres qui sont principalement
employés dans les édifices : car on ne peut pas faire avec
le chêne ce qu'on fait avec le sapin, ni avec le cyprès ce