Volltext : Tome premier (1)

VITRUVE.  LIV.  II.
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A  l'égard  de  la  tuile,  il  est  impossible  de  juger  au  premier -
  coup  d'œil  si  elle  est  bonne  ou  mauvaise  pour  la  construction; -
  on  ne  peut  en  apprécier  la  bonté  que  lorsqu'elle -
  a  été  exposée  sur  un  toit  au  mauvais  temps  et  à  la
chaleur.  Car,  soit  qu'elle  n'ait  point  été  faite  avec  de
bonne  terre,  soit  qu'elle  n'ait  point  été  assez  cuite,  on  en
reconnaîtra  bientôt  la  mauvaise  qualité,  quand  elle  aura
été  éprouvée  par  la  gelée  et  par  le  givre.  Celles  donc  qui
n'auront  pu  subir  cette  épreuve  ne  seront  pas  propres  a
soutenir  le  poids  d'une  construction.  Aussi  n'y  aura-t-il
guère  que  les  murs  construits  avec  les  vieilles  tuiles  d'un
toit  qui  pourront  avoir  une  longue  durée.
Quant  aux  murs  de  cloison,  je  voudrais  qu'on  n'y  eût
même  jamais  pensé  :  car  autant  ils  sont  commodes  sous
le  rapport  du  peu  de  temps  et  de  place  qu'exige  leur
construction,  autant  ils  sont  dangereux  et  préjudiciables, -
  en  ce  qu'ils  semblent  être  des  fagots  tout  prêts  pour
l'incendie.  Aussi  vaut-il  mieux,  à  mon  avis,  les  construire
avec  des  tuiles,  quoique  cela  soit  plus  dispendieux,  qu’avec
du  bois,  qui  offre,  il  est  vrai,  plus  d'économie,  mais  aussi
plus  de  danger.  Il  y  a  plus,  c'est  que,  si  vous  les  recou
vrez  d'un  enduit,  il  s'y  fera  des  crevasses  le  long  des  montants -
  et  des  traverses  :  car  sous  le  crépi  dont  on  les  couvre,
ces  bois  prennent  l'humidité  qui  les  gonfle;  puis,  quand  ils
viennent  à  sécher,  ils  se  rétrécissent,  et  par  cet  amincissement -
  font  fendre  l'enduit,  quelque  solide  qu'il  soit.
Mais,  si  quelques  personnes  sont  forcées  d’avoir  recours
à  ces  murs  par  le  désir  d'avoir  plus  tôt  fait,  ou  par  le
manque  de  ressources,  ou  par  la  nécessité  de  soutenir  un
plafond  qui  menace  de  se  fendre,  voici  ce  qu'elles  devront
faire.  Que  les  fondements  soient  continués  jusqu'à  une
certaine  hauteur  au-dessus  du  sol,  afin  qu'ils  ne  soient
en  contact  ni  avec  le  mortier  ni  avec  le  pavé  du  plancher. -
  Car  s'ils  s'y  trouvent  engagés,  ils  pourrissent  à  la
longue;  ils  finissent  par  s'affaisser  ;  ils  perdent  leur
            
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