VITRUVE. LIV. II.
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qu'il bâtit auprès de cette fontaine, des eaux de laquelle
il avait reconnu la bonté. Par l'exercice de son métier.
il réussit à avoir ces barbares pour pratiques. S'y rendant -
d’abord un à un, ils finirent par se mêler aux réunions -
des Grecs; puis, sétant insensiblement dépouillés
de leur naturel dur et farouche, ils s'habituèrent sans
contrainte à prendre la douceur de leurs mœurs. Ce ne
fut donc pas à une prétendue corruption qu'on y aurait
puisée, que cette fontaine dut sa renommée, mais bien
aux relations auxquelles elle donna lieu, relations qui
firent pénétrer dans l'âme adoucie des barbares les
charmes de la civilisation.
Il me reste maintenant, puisque je me suis laissé entraîner -
à énumérer les constructions de Mausole, à en
donner une description entière et exacte. J'ai dit que du
côté droit se trouvaient le temple de Vénus et la fontaine -
dont je viens de parler. On voit du côté gauche
le palais que ce roi fit construire selon son goût. Il a vue,
vers la droite, sur la place publique, sur le port et sur
toute la ligne des murailles, et, vers la gauche, sur un
autre port caché au pied de la montagne, et disposé de
manière à ce qu'on ne puisse ni voir, ni connaître ce qui
sy passe; le roi seul, de son palais, peut, sans que personne -
le sache, donner aux matelots et aux soldats les
ordres qu'il lui plaît.
Aprés la mort de Mausole, Artémise, son épouse
monta sur le trône. Les Rhodiens, indignés de voir une
femme régner sur toutes les villes de la Carie, arment
une flotte, et mettent à la voile pour aller s'emparer
de ce royaume. A cette nouvelle, Artémise équippe
une flotte, la cache dans ce port avec des matelots et
des soldats, et ordonne au reste des citoyens de se tenir
sur les remparts. Les Rhodiens ayant mis en ligne dans
le grand port leur flotte tout appareillée, la reine fait
donner du haut des murs un signal pour faire entendre
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