VITRUVE. LIV. II.
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la sécheresse du moellon ont fait disparaître la force du
mortier, et les joints se séparent, et tout s'écroule, tout
tombe.
Pour éviter cet inconvénient, conservez un vide au
milieu des parements de la muraille, à laquelle vous
donnerez deux pieds d'épaisseur; remplissez-le de pierres
rouges carrées, ou de briques, ou de cailloux disposés
comme la pierre de taille, et avec des crampons de fer
et du plomb, liez les deux parements. Par ce moyen,
votre ouvrage qui n'aura point été fait tout à la fois,
mais par reprises, pourra sans altération durer éternellement, -
parce que les lits intérieurs de pierres et les
joints étant parfaitement coordonnés, parfaitement liés
entre eux, empêcheront que le mur ne s'affaisse, et les
parements si bien attachés l'un à l'autre ne pourront
être ébranlés.
Pour la même raison, nous ne devons point rejeter
l'espèce de maçonnerie employée par les Grecs, quand
ils ne se servent pas de cette pierre tendre que l'on polit
pour la mettre en œuvre. Ils se contentent, au lieu de
pierres de taille, de cailloux ou de pierres dures qu'ils
arrangent comme des assises de briques en les posant en
liaison les unes sur les autres, ce qui donne à cette
espèce de maçonnerie une solidité que rien ne peut
ébranler. Elle se fait de deux manières : l'une que l'on
appelle i, l'autre .
L'igoouov est celle dont les assises sont toutes d'une
egale hauteur; la leusov, celle dont les assises présentent -
une épaisseur inégale. Ces deux espèces sont solides, -
en ce que les pierres, à cause de leur compacité et
de leur dureté, loin de pouvoir absorber l'humidité du
mortier, la lui conservent au contraire extrêmement
longtemps ; et les lits de pierres, étant parfaitement unis
et dressés au niveau, empêchent que les matériaux ne
s'écroulent, et en assurent à jamais la solidité par le