VITRUVE. LIV. II.
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occuper de la chaux, et voir si elle doit être faite avec
des pierres blanches ou des cailloux. Celle qu’on fait avec
une pierre dure et compacte est bonne pour la maçonnerie; -
celle que fournit une pierre spongieuse vaut
mieux pour les enduits. Quand la chaux sera éteinte, il
faudra la mêler avec le sable : si c'est du sable fossile,
dans la proportion de trois parties de sable et d'une de
chaux; si c'est du sable de rivière ou de mer, dans la
proportion de deux parties de sable sur une de chaux :
c'est là la juste proportion de leur mélange. Si au sable
de rivière ou de mer on voulait ajouter une troisième
partie de tuileaux pilés et sassés, on obtiendrait un mélange -
d'un usage encore meilleur.
Pourquoi la chaux, en se mêlant à l'eau et au sable
donne-t-elle à la maçonnerie tant de solidité? En voici,
je crois, la raison. Les pierres, comme tous les autres
corps, sont composées des éléments; celles qui contiennent -
ou plus d'air, ou plus d'eau, ou plus de terre, ou
plus de feu, sont ou plus légères, ou plus molles, ou
plus dures, ou plus fragiles. Remarquons que si des
pierres, avant d'être cuites, ont été pilées et mêlées à
du sable, puis employées dans une construction, elles
ne prennent aucune consistance et ne peuvent en lier la
maçonnerie; mais que si, jetées dans un four, ellés viennent -
à perdre leur première solidité par l'action violente
du feu auquel elles sont soumises, alors, par suite de
cette chaleur qui en consume la force, elles se remplissent -
d'une infinité de petits trous. Ainsi l'humidité répandue -
dans ces pierres ayant été absorbée, et l'air
qu'elles contenaient s'étant retiré, ne renfermant plus
alors que la chaléur qui y reste cachée, qu'on vienne à
les plonger dans l'eau avant que cette chaleur ne soit
dissipée, elles reprennent leur force : l'eau quiy pénètre
de tous côtés produit une ébullition; puis le refroidissement -
fait sortir de la chaux la chaleur qui s'y trouvait.