VITRUVE. LIV. II.
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l'autre une rangée de demi-briques. Toutes ces briques
qui, de chaque côté, sont alignées au cordeau, s'enchaînent -
les unes avec les autres dans ces assises qui alternent; -
et, se rencontrant par le milieu sur chaque joint
montant, elles donnent aux deux parements du mur une
grande solidité jointe à une certaine symétrie qui n'est
point désagréable à l'œil. On fabrique à Calentum, dans
l'Espagne Ultérieure; à Marseille, dans la Gaule; et en
Asie, à Pitane, des briques qui, une fois sèches, surnagent -
quand on les jette dans l'eau. Cette propriété
semble leur venir de la terre spongieuse avec laquelle
elles sont faites. Cette terre légère que l'air a durcie, ne
prend, n'absorbe aucune humidité. Ainsi ces briques
dont la propriété est d'être légères et poreuses, et de ne
se laisser pénétrer par aucun corps humide, sont forcées
par les lois de la nature de rester, comme la pierre
ponce, au-dessus de l'eau, quel que soit leur poids.
Aussi sont-elles d’une grande utilité, en ce qu'elles ne
chargent point les constructions, et qu'une fois employées, -
elles ne se détrempent pas par les plus grandes
pluies.
IV. Du sable.
Dans les constructions en moellon, le point le plus
important est de s'assurer si le sable est d'une qualité
propre à entrer dans la confection du mortier, s'il ne renferme -
point de matières terreuses. Il y a quatre espèces
de sable fossile : le noir, le blanc, le rouge et le carboncle.
De ces espèces la meilleure sera celle qui , frottée dans la
main, aura produit un bruit sonore. Celui qui est terreux,
qui n'est point rude au toucher, est mauvais; mais celui
qui, ayant été lancé contre un vêtement blanc, en est ensuite -
secoué ou enlevé à l'aide d'une baguette, sans y
fairé de tache, sans y laisser trace de terre, est excellent.