VITRUVE. LIV. II.
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D'autres firent sécher des mottes d'argile, en construisirent -
des murs, sur lesquels ils posèrent en travers des
pièces de bois, et, les recouvrant de roseaux et de
feuilles, ils se mirent dessous à l'abri de la pluie et du
soleil. Plus tard, comme dans les mauvais temps d'hiver
ces toits ne résistaient pas aux pluies, ils firent des
combles qu'ils recouvrirent de terre grasse, et, donnant
de l'inclinaison aux couvertures, ils établirent des larmiers -
pour l'écoulement des eaux.
Telle fut l'origine des premières maisons. Nous pouvons -
nous en convaincre par celles que nous voyons encore -
aujourd'hui chez les nations étrangères. En Gaule,
en Espagne, en Lusitanie, en Aquitaine, elles sont construites -
avec les mêmes matériaux et recouvertes de
chaume ou de bardeaux de chêne. La Colchide, dans le
royaume de Pont, est, pleine de forêts. Voici de quelle
manière les habitants construisent leurs habitations. Ils
prennent des arbres qu'ils étendent sur terre à droite et
à gauche sans les couper, en laissant entre eux autant
d'espace que le permet leur longueur ; à leurs extrémités
ils en placent d'autres en travers qui closent l'espace
qu'on veut donner à l'habitation. Posant des quatre côtés -
d'autres arbres qui portent perpendiculairement les
uns sur les autres aux quatre anglés, et formant les
murs de ces arbres mis à plomb avec ceux d'en bas, ils
élèvent des tours, et remplissent de petits morceaux de
bois et d'argile les intervalles qui répondent à la grosseur
des arbres. Ensuite, pour le toit, raccourcissant ces arbres -
vers leurs extrémités, et continuant de les poser en
travers les uns sur les autres, ils les rapprochent du
centre par degrés, des quatre côtés, et en font des pyramides -
qu'ils recouvrent avec des feuilles et de l'argile.
Tels sont les toits à quatre pans que ces barbares donnent -
à leurs tours.
Les Phrygiens, qui habitent dans des campagnes