NOTES DU LIVRE I.
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inoffensive. Les portions résistantés de la terre, les pierres; les
rochers s'appellent mâles; ils qualifient de terre femelle celle qui
se prête à la culture (SÉNÉQUE, Quest. Nat., liv. 111, ch. 14).
78.— Volucres minus habent terreni. Vitruve croyait avec les
pythagoriciens que tous les corps animés ou non animés étaient
composés de quatre éléments. Dans ce chapitre, il fait l'application -
de ce système aux corps animés; dans le second livre, il
l'appliquera à tous les êtres, et principalement aux matériaux
qu'on emploie dans la construction des édifices. La philosophie
ancienne, qui cherchait à faire connaître les causes des différents
effets de la nature, errait souvent dans ses raisonnements; et si
les principes étaient faux, les conséquences qu'ils en tiraient ne
l'étaient pas moins; ce n'est pas, par exemple, parce que l'air et le
feu dominent dans la composition des oiseaux , ni même à cause
de la légèreté de leur corps, qu'ils s'élèvent si facilement dans
les airs; c'est par la grandeur et par la force de leurs ailes. Cela
est si vrai, qu'un coq d'Inde, qui a de la peine à s'élever de terre,
n'est pas plus pesant qu'un aigle, qui vole si haut, qui peut même
si aisément enlever d'autres animaux avec lui; il est pourtant vrai
que la chair et les os des oiseaux sont plus légers que ceux des
animaux terrestres.
79. — Aquatiles autem piscium naturœ. C'était l'opinion
d'Empédocle ; Aristote l’a réfutée dans le livre où il traite de la
respiration. Si les poissons vivent dans l’eau, s'ils ne peuvent vivre
longtemps hors de cet élément, ce n'est pas à cause des principes
dont ils sont composés, mais parce qu'ils sont conformés pour
cela. N'étant pas destinés à vivre dans l'air, ils n'ont point de
poumons; leurs ouies et leurs branchies leur en tiennent lieu, et
sont les organes de leur respiration : car ils ont besoin d'air pour
vivre, et ils sont construits de manière à pouvoir extraire de l'eau
l'air nécessaire à leur respiration. Les ouies des poissons sont des
espèces de feuillets composés d'un rang de lames étroites, rangées
et serrées l'une contre l'autre, qui forment comme autant de barbes -
ou de franges qu'on peut appeler proprement le poumon des
poissons. Ces ouies ont un opercule qui s'élève et qui s'abaisse, et
qui, en s'ouvrant, donne passage à l'eau que l'animal a respirée.
Un nombre prodigieux de muscles fait mouvoir toutes ces parties.
Le poisson avale l'eau continuellement par la bouche; voilà son
aspiration : c'est dans ce passage que le sang s'abreuve d'air. Le
sang qui sort du cœur du poisson se répand de telle manière sur
toutes les lames dont les ouies se composent, qu'une très-petite