NOTES DU LIVRE I.
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d'oreiller, ce qui a pu faire aussi donner aux colonnes le nom de
pulvinatæ. La frise ionique affecte encore cette forme. Les triglyphes -
avec leurs gouttes qui descendent sur l'architrave, appartiennent -
à la frise dorique.
65.— Distributio. La distribution ne regarde pas seulement le
principal corps de bâtiment; par ce mot on entend encore la répartition -
de tout le terrain entre les différentes parties qui en dépendent. -
Il faut qu'’elles soient exposées suivant leur usage, et
situées convenablement selon leur destination et le rapport que
chacune d'elles a avec le bâtiment et les différentes personnes qui
l'habitent.
66.— Nec abietis nec sapinorum. Il y a, selon Belon, deux
espèces de sapin, l'un mâle, qui est le véritable abies des Latins,
l'autre femelle, qui est le sapinus. Cependant Vitruve dit (liv. I1,
ch. 9) que la partie supérieure du sapin s'appelle fusterna (qui est
très-noueux), et la partie inférieure sapinea (bas du tronc du sapin) -
; et Pline (Hist. Nat., liv. xvI, ch. 76), que la partie inférieure
du sapin n'a point de nœuds; qu’on écorce cette partie marquée
d'ondulations próduites par les veines, et qu’alors on l'appelle
sapinus au lieu d'abies; que la partie supérieure, plus dure et
plus noueuse, s'appelle fusterna. Mais la négation nec indique
suffisamment qu’il est ici question de deux arbres différents.
67.
-Aut marina lota. Si Vitruve recommande de bien laver
le sable avec de l'eau douce, ce n'est pas tant pour en ôter toutes
les parties salines, que pour le purger de la terre qui s'y trouve
mélée. Cette terre, jointe aux matières salines, altère la qualité
du mortier qui durcit moins vite, qui s'imprègne plus facile
ment de l'humidité de l'air, et qui ne tardé pas à perdre ses propriétés. -
68.— Utendo cupressu. Il est assez étonnant que Vitruve mette
en seconde ligne le cyprès, qui, pour les bâtiments, est bien meilleur -
que l'abies et le sapin. Théophraste en parle comme du plus
durable et du moins sujet aux vers et à la pourriture. On l'employait, -
à cause de sa durée, pour renfermer les objets précieux.
Horace a dit (Art poét., v. 331) :
Speramus carmina fingi
Posse linenda cedro, et levi servanda cupressu.
« Irons-nous attendre des vers dignes d'être trempés dans l'huile de
cedre et conservés dans un coffret de cyprès? »