ET SUR SES ÉCRITS.
possible de regretter les quelques détails que des contemporains
auraient pu y ajouter.
Celui qui traite d'une science ou d'un art doit joindre la pratique -
à la théorie. Il ne faut pas confondre Vitruve avec ces
architectes qui ne possèdent que l’une de ces deux choses. Et
quel mérite ne devons-nous pas lui faire de la modestie avec laquelle -
il avoue que ce n’est point comme philosophe, comme
rhéteur, comme grammairien qu’il se présente aux yeux de ses
lecteurs, mais comme architecte, avec les simples connaissances
qu’exige l’exercice de son art!
Le lieu de la naissance de Vitruve, on l’ignore. Quelques
auteurs, il est vrai, s'appuyant sur une inscription trouvée à
Vérone, lui assignent cette ville pour patrie; mais l'arc antique -
sur lequel on la voit, s’il prouve qu’un architecte du nom
de Vitruve en fut le constructeur, n’indique nullement qu'il
soit question de l’auteur du traité, et encore moins qu’il y soit
né. Voici cette inscription :
L. VITRVVIVS L. L. CERDO
ARCHITECTVS.
Andréas Alciat, l'un de ces auteurs, rencontre bien dans CERDO
un obstacle qui l’embarrasse; il est forcé d’avouer que tous les
manuscrits portent le mot POLLIO; mais il juge à propos de remplacer -
ce nom par celui de PELLIO, dont la signification, dit-il,
est la même que celle de CERDO. Le marquis de Maffei, plein de
zèle pour Vérone, sa patrie, s'est efforcé, dans sa Verona illustrata, -
de faire partager le sentiment d'Alciat; mais Philander,
Barbaro et Baldi ne se rangent point à son avis, parce que
dans la plupart des manuscrits on lit : M. VITRIVIVS POLLIO, et
non L. VITRVVIVS PELLIO. Et puis quel rapport le mot CERDO,
substitué à celui de PELLIO, pourrait-il avoir avec ce dernier,
si l'un vient de xépôe, et l’autre de pellis? Et puis l’architecte -
de Vérone a placé dans son arc de triomphe, des denticules -
sous les mutules, arrangement que M. Vitruve regarde
comme une faute grave. Ce qui donnerait lieu de croire que
L. Vitruve est moins ancien que l'autre, c’est que plus fard les
architectes mirent généralement des denticules sous les mutules,
comme on peut le voir aux arcs de triomphe de Titus, de Nerva,