Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

DE VITRVVE. 
303 
En cas pareil vn gouuerneur de quelque grand' nauire maniant 
son timon ou gouuernail, que les Grecs nomment Oiax, fait par 
ceste raison centrique en moins de rien, & auec vne seule main 
exeroitee en l'art de nauiguer, aller son vaisseau la part où il l'ad- 
dresse, nonobstant qu'il soit chargé de merueilleuse abondance 
de marchandise, & de viures necessaires à l'equippage. Aussi quand 
les voiles sont abbattus à demi mast, possible n'est qu'un nauire 
puisse legierement voguer: mais quand on les a tirés tout à mont, 
il tranche l'eau auec grande promptitude, pource qu'ils ne sont 
prochains du pied d'iceluy mast qui tientle lieu de centre:ains e¬ 
stendus jusques au bout au plus loing qu'ils en peuuent estre, au 
moyen dequoy cueuillent du vent autant comme il en est be- 
soing. 
Parainsi donc, quand vne Pinse est mise sous vn fardeau, si on 
l'enfonse par le milieu de sa branche, la charge se treuue tant re- 
belle, qu'on ne la peut bonnement esmouuoir: mais si tost que l'on 
vient à peser sur l'autre bout essoigné de son Centre,le faix s'en- 
lieue facilement. 
Ne plus ne moins est-il des voiles: car quand ils sont abbattus 
à demi (comme i'ay dit) leur puissance en est de beaucoup moin- 
dre : mais quand on les a tirés à mont jusques au coupeau du 
mast, pource qu'ils, par ce moyen, s'essoignent dudit centre, en¬ 
cores que le vent ne se renforee, ains demeure en vn mesme e- 
stat, si est ce que par l'oppression de la partie haute, le nauire est 
contraint à voguer beaucoup plus legierement, qu'il ne fe¬ 
roit. 
Mesmes quand les auirons liés de cordage cotre les costés du 
pauire, sont mis en l'eau, & agités à force de bras, leurs extremes 
parties estans plongees dedans les vagues, font aller le corps du 
nauire auant, auec beaucoup plus grande impetuosité, que sans 
leur impulsion: joinct que sa prouë va couppant la subtilité des 
ondes sur lesquelles il est porté. 
Pareillement quand aucunes grandes & pesantes charges sont 
leuees sur les espaules de quelsques Portefaix, que nous disons 
Phalangarij, s'ils sont hexaphores, ou tetraphores, c'est à dire six 
ou quatre en nombre, ils souspesent le faix auant marcher, & ce 
par les centres du milieu des tinels, à fin que chacun d'eux en- 
porte vne egale portion, nonobstant qu'il ne se puisse diuiser: mais 
cela se conduit par le moyen de certaine raison distributiue, la¬ 
p. iij
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.

powered by Goobi viewer