Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

En cas pareil vn gouuerneur de quelque grand’ nauire maniãt
ſon timon ou gouuernail, que les Grecs nomment Oiax, fait par
ceſte raiſon centrique en moins de rien, & auec vne ſeule main
exeroitee en l’art de nauiguer, aller ſon vaiſſeau la part où il l’ad-
dreſſe, nonobſtant qu’il ſoit chargé de merueilleuſe abondance
de marchandiſe, & de viures neceſſaires à l’equippage. Auſſi quãd
les voiles ſont abbattus à demi maſt, poſſible n’eſt qu’un nauire
puiſſe legierement voguer: mais quand on les a tirés tout à mont,
il tranche l’eau auec grande promptitude, pource qu’ils ne ſont
prochains du pied d’iceluy maſt qui tientle lieu de centre: ains e-
ſtendus juſques au bout au plus loing qu’ils en peuuent eſtre, au
moyen dequoy cueuillent du vent autant comme il en eſt be-
ſoing.

Parainſi donc, quand vne Pinſe eſt miſe ſous vn fardeau, ſi on
l’enfonſe par le milieu de ſa branche, la charge ſe treuue tant re-
belle, qu’on ne la peut bonnemẽt eſmouuoir: mais ſi toſt que l’on
vient à peſer ſur l’autre bout eſloigné de ſon Centre, le faix s’en-
lieue facilement.

Ne plus ne moins eſt-il des voiles: car quand ils ſont abbattus
à demi (comme i’ay dit) leur puiſſance en eſt de beaucoup moin-
dre: mais quand on les a tirés à mont juſques au coupeau du
maſt, pource qu’ils, par ce moyen, s’eſloignent dudit centre, en-
cores que le vent ne ſe renforce, ains demeure en vn meſme e-
ſtat, ſi eſt-ce que par l’oppreſſion de la partie haute, le nauire eſt-
contraint à voguer beaucoup plus legierement, qu’il ne fe-
roit.

Meſmes quand les auirons liés de cordage cõtre les coſtés du
nauire, ſont mis en l’eau, & agités à force de bras, leurs extremes
parties eſtans plongees dedans les vagues, font aller le corps du
nauire auant, auec beaucoup plus grande impetuoſité, que ſans
leur impulfion: joinct que ſa prouë va couppant la ſubtilité des-
endes ſur leſquelles il eſt porté.

Pareillement quand aucunes grandes & peſantes charges ſont
leuees ſur les eſpaules de quelſques Portefaix, que nous diſons
Phalangarij, s’ils ſont hexaphores, ou tetraphores, c’eſt à dire ſix
ou quatre en nombre, ils ſouſpeſent le faix auant marcher, & ce
par les centres du milieu des tinels, à fin que chacun d’eux en
porte vne egale portion, nonobſtãt qu’il ne ſe puiſſe diuiſer: mais
celà ſe conduit par le moyen de certaine raiſon diſtributiue, la-

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