Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

Tòutesſois encores eſt-ce que la machine deſtinee à tirer, reñd
des commodités plus grandes, plus proffitables, & plus eſtima-
bles de magnificence, pourautant qu’elle a pluſieurs merueilleu-
ſes vertus, quand l’on en ſçait vſer auec prudence.

Aucuns de ces engins ſe meuuent mechaniquement, c’eſt à di-
re auec ingenioſité d’art, & les autres organiquement, ou par cõ-
traintes d’air entonné, comme dit eſt.

Or entre les machines & organes eſt difference telle, que leſ-
dites machines ſont contraintes de mõſtrer leurs effects par plu-
ſieurs actes d’ouurage accompagnés d’vne grande force, comme
il ſe void à tendre les groſſes arbaleſtes ou bricoles, ou à tourner
les vis des preſſoirs par dedans leurs eſcrouës.

Et les organes font ce qui eſt propoſé, auec vne ſeule beſon-
gne, & par vn maniement ſubtil: comme quand ce vient à mon-
ter les Scorpions ou Bacules, & à faire tourner les Aniſocycles,
qui ſont mouuements de roüages allans de tous coſtés, ſans gue-
res de peine.

Ces organes done & les machines ſont neceſſaires à nos vſa-
ges: car ſans le ſecours qui nous en vient, il n’y a choſe qui ne nous
donnaſt beaucoup d’empeſchement. Parquoy ie dy que tous en-
gins out eſté premierement creés par la Nature, & exprimés par
le tournoyement du ciel, qui nous y a ſerui de precepteur & mai-
ſtre, comme ainſi ſoit que les hommes en premier lieu contem-
plerent le cours du Soleil, de la Lune, & des cinq eſtoiles errãtes,
deſquelles ſi les mouuements ne ſe faiſoyent par artifice trop in-
duſtrieux, nous n’aurions point de lumiere ſur la terre, & jamais
ne paruiendroyent les fruicts à la maturité requiſe.

A ceſte cauſe nos premiers peres, voyans que la Nature faiſoit
ainſi ces ouurages, prindrent exemple à elle, & en cerchant
d’imiter ſes circuïtions, ſtimulés (comme il eſt à croire) de quel-
que eſprit diuin, inuenterent pluſieurs vtilités pour noſtre vie,
trouuans moyen de rendre maintes choſes aiſees par machines,
& quelſques autres par organes: puis leurs ſuyuans furent curieux
d’augmenter de degré en degré par eſtudes, arts, inſtitutions & doctrines, ce qu’ils congnurent eſtre neceſſaire pour le bien de
nos vſages, par eſpecial comme les veſtements de laine, qui fu-
rent premierement inuentés de la neceſſité, & les toiles qui ſe tiſ-
ſirent & ourdirent ſur meſtiers organiques par entrelaſſemẽts de
filets, non ſeulement pour couurir les corps des perſonnes rai-

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