Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

L’opinion de quelſques vns a eſté que celà ſe fait, pource que
quand ledit ſoleil, eſt eſloigné de nous en certaine diſtance, les
eſtoiles errantes par ces voyes non claires ſont empeſchees & obſcurcies par retardations.

Mais quãt à moy, il ne me ſemble pas ainſi, cõſideré que la ſplẽ-
deur du Soleil viſible & apparent ſe monſtre par tour le monde,
ſans aucunes obſcurités, & touſiours apparoiſt telle, encores que
les ſuſdites eſtoiles ſe retrogradent & retardent par fois.

Si donques en telles merueilleuſes diſtances l’effort de noſtre
veuë ne peut penetrer juſques à elles, pourquoy jugeons nous
que l’on peut objecter des obſcurités à leurs diuines reſplendiſ-
ſances?

Certainement ceſte raiſon que je produiray preſentement,
nous ſera plus valable, à ſçauoir que comme la chaleur euoque & attire à ſoy toutes choſes, ſpecialement les fruicts de la terre que
nous voyons eſleuer en haut, moyennant icelle chaleur, & d’a-
bondant les vapeurs des eaux, qui par l’arc en ciel ſont attraictes
des fontaines, & portees juſques à la region des nuees: ainſi & par
meſme moyen la vehemente impetuoſité du Soleil jectant ſes ra-
yons en forme de triangle, attire à ſoy les eſtoiles qui le ſuyuent,
& ne permet que les courantes deuant luy paſſent outre, ains les
retient quaſi comme auec vne bride, les contraignant de retour-
ner à ſoy, & demourer en quelque autre Signe triangulaire, juſ-
ques à ce qu’il aura tiré plus auant.

Mais l’on me pourra demander, pourquoy le Soleil fait plu-
ſtoſt faire par ces chaleurs telles ſtations à vn Signe diſtant de luy
par cinq grandes eſpaces, qu’il ne fait à vn autre lequel n en eſt
qu’à deux ou à trois, & que pour ceſte cauſe luy eſt de beaucoup
plus voiſin?

Or pour ſati faire à celà, je veuil donner à entendre par quelle
maniere j’eſtime qu’il ſe face. & pour en venir a la deciſion, c’eſt
que les rayons de cedit Soleil ſ eſtendent par le ciel en la manie-
re d’vn triangle de pareils coſtés, & partant ne paſſent peu ne
point le cinquieme Signe diſtant de luy. Qu’il ſoit vray ſieſtãs eſ-
pandus par ſa ſpacioſité ils vaguoyent diff@ſement par voyes cir-
culaires, & ne s’eſtendoyent en forme de triangle, il eſt certain
qu’ils bruſleroyent les choſes plus prochaines. Et celà ſemble a-
uoir touché Euripides, poëte grec, en la fable de Phaëthon, quãd
il dit que tant plus ſont les choſes eſlongnees de la ſphere du So-

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