Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

DE VITRVVE. poſee pour faire vne parfaicte harmonie. A ceſte cauſe les natiõs
qui ſont entre le Pole de Midi & celuy du Septentrion, ont com-
munement vn ſon moyen de voix & de parole, comme lon void
que les cordes font en inſtruments de Muſique: & celles qui ten-
dent le plus au Septentrion, pource que leurs diſtances depuis la
terre juſques au Ciel, ſont plus hautes que des autres, meſmes
qu elles ont les organes de la voix replets d’humeur, & entonnés
depuis le Hypatos juſques au Proſlamuanomenos, la nature les
contraint à rendre des ſons plus graues, & par ceſte meſme rai-
ſon les gents qui tendent le plus deuers le Midi, font le ſon plus
ſubtil, comme celuy de Paranete. Mais pour experimenter ſi ce-
ſte propoſition eſt veritable, à ſçauoir que les choſes ſe rendent
plus graues par les lieux humides, & plus greſles par les chauds,
l’on en peut faire l’eſpreuue par ceſte voye.

Prenez deux vaiſſeaux egalement cuits en vne fournaiſe de
meſme poids, & meſme ſon. Plongez l’vn dedans l’eau, puis le re-
tirez, & apres les ſonnez tous deux, & vous y trouuerez de la diffe-
rence grande, meſmes qu’ils ne ſeront plus egaux en peſanteur,
Ainſi entre les corps des hommes, leſquels ſont de ſemblable eſ-
pece en leur forme, & crées par la ſeule conjonction du ciel auec
la terre, les vns en battant l’air de leur voix, font vn ſon merueil-
leuſement delicat, à cauſe de la vehemente ardeur du païs où ils
habirent: & les autres rendent graues qualités de voix, à raiſon de
l’exceſſiue abondance d’humeur dont ils ſont pleins. Auſſi les na-
tions meridionales, pour amour de la ſubtilité de l’air, & au moyẽ
de la chaleur qui les bat continuellement, ſont plus promptes & agiles d’eſprit pour trouuer inuẽtions, & conſulter le biẽ de leurs
affaires, que toutes autres. Mais les Septẽtrionales, enroſees de la
groſſe vapeur du ciel, & refroidies par les humidités de l’air, ont
les entendements tardifs: choſe que la nature des Serpents nous
peut facilement donner à congnoiſtre: car quand le refroidiſſe-
ment de leur humeur eſt deſſeiché par le temps d’Eſté, adonc ſe
meuuent ils impetueuſement: mais en hiuer, & durãt les bruïnes,
eſtant refroidis par la mutation du Ciel, ils deuiennent peſans & preſque immobiles: & pourtant ne ſe faut eſmerueiller ſi l’air
chaud rend les entendements plus penetrans, & au contraire ſi le
froid leur cauſe celle tardiueté.

Toutesfois, nonobſtãt que leſdites nations meridionales ſoyẽt
pourueuës de grande viuacité d’eſprit, & par ce moyen tant ha-

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