Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

SIXIEME LIVRE Pont qui eſt en Aſie la mineur, autrement en ceſte ville de Ro-
me, & ainſi conſequemment en toutes autres prouinces, ſelon
leurs inclinations naturelles, ſuyuant leſquelles faut baſtir en di-
uerſes manieres. La raiſon eſt, que la terre eſt par vn coſté battue
du cours du Soleil, de l’autre il en eſt bien loing, & en ſon milieu
elle eſt plus temperee. A ceſte cauſe ainſi que la conſtitution du
ciel eſt par differentes qualités naturellement colloquee ſur ce-
ſte maſſe aſſubjectie aux influences du cercle dit Zodiaque,
par où le Soleil fait ſon cours ordinaire: ainſi ſemble-il que lon
doit conduire les aſſiettes des baſtiments ſuyuant les diuerſi-
tés du ciel, & la proprieté des regions où lon les veut a-
uoir.

Sous le Septentrion donc, par’aucuns appellé le Pole, & par
d’autres le Nort, ou Tranſmontane, les baſtiments doyuent eſtre
voutés, clos de bonne muraille, ſans gueres d’ouuertures, & en-
cores celles-là eſtroittes, & tournces deuers les chaudes parties
du Ciel.

Au contraire, où le Soleil eſt violent, comme aux regions Me-
ridionales, quiſont tormentees de la chaleur, ces ouuertures ſe
veulent tenir amples, en grand nombre, & tournees deuers le-
dit Septentrion, où le vent Aquilon’, que lon appelle Bize, à fin
de ſubuenir par induſtrie à ce que Nature bleſſe de ſon bon
gré.

Semblablement en tous autres climats & prouinces les mai-
ſonnages ſe doyuent temperer ſelon que le Ciel eſt diſpoſé pour
y enuoyer ſes influences: & faut conſiderer celà en examinant le
naturel des choſes, & en obſeruant les membres des perſonnes: car aux païs où ledit Soleil jecte moyennement ſes vapeurs, il y
conſerue les corps en bonne temperature: mais en ceux qu’il cuit
& quaſi bruſle par faire ſon cours trop prochain de leurs terres,
en ſucçant il attire la temperature de leurs humeurs: qui au con-
traire ne ſont deſſeichees par ſa violẽce en regions froides, pour-
ce que leur ſituation eſt fort eſſoignee du Midi: dont il aduient
qu’vn air plein de roſee, faiſant penetrer ſon humidité dedans les
corps, par ce moyen les rend de ſtature plus grande, & les ſons de
la voix plus gros.

Qu il ſoit vray, il ſe nourrit ſous le Septentrion des gents de
corpulence exceſſiue, blancs de charnure, ayans les cheueux pen-
dans, roux ou blonds, les yeux pers, & qui d’auantage ſont fort

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