Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

Proportion eſt vn certain rapport & conuenance des mẽbres
ou pa@ticularités a toute la maſſe d’vn baſtiment: & de ceſte la
vient à ſe parfaire la conduite d’icelles ſymmetries.

Or n’y a-il ne Temple ny autre edifice qui puiſſe auoir grace
de bonne ſtructure ſans ſymmetrie & proportion, & ſi la conue-
nance n’eſt gardee en toutes ſes parties auſſi bien qu’en vn corps
humain parfaictement formé.

Ce corps humain a eſté cõpoſé de la Nature par vn tel artifice,
que depuis le bout de ſon mẽton juſques au plus haut de ſon frõt,
où eſt la racine de ſes cheueux, celà fait vne dixieme partie de ſon
eſtendue. Autant en emporte la longueur de la main depuis le pli
par où ellejoinct au bras, iuſques à l’extremité du doigt du milieu. Toute la teſte, à prendre depuis le bout du ſuſdit mẽton juſques
à la ſommité du teſt, contient vne huictieme partie: & autant en
deuallant par derriere juſques à la fin du col. Depuis le haut de
la poictrine juſques aux plus baſſes racines des cheueux, c’eſt vne
ſixieme portion: & ſi lon monte juſques au plus haut du teſt, elle
vaut juſtement vne quarte.

Quant à la meſure du viſage, depuis le bout du menton juſques
au deſſous des narines, celà en tient vne troiſieme partie. Lenez
auſſi, depuis le bout des ſuſdites narines juſques au milieu d’ẽtre
les deux ſourcils, s’eſtend en pareille longueur: & l’eſpace de ce
poinct là juſques à la plus baſſe racine des cheueux, qui fait que le
frõt en a tout autãt. Le pied, à cõprendre la rõdeur du talõ paſſãt
par deſſous la ſemelle juſques à l’extremité du ſecõdarteil, arriue
à vne ſixieme partie de toute la hauteur du corps. La coudee, c’eſt-
à dire depuis le pli du bras iuſques au bout du doigt du milieu de
la main, fait vne quatrieme bien meſuree: & la poictrine ne plus
ne moins, à prendre depuis le commencement du ventre au deſ-
ſus du nombril, juſques au deſſous du menton.

En cas pareil tous les membres ont chacun leurs parfaictes me-
ſures & proportions, qui ayant eſté ſuyuies par les bons Peintres
& Imagiers anciens, leur ont acquis des louanges infinies. A ceſte
cauſe ie dy que les membres des maiſons ſacrees doyuent auoir
en toutes leurs parties vne correſpondance de meſures, ſe ren-
geans à la totalité de la maſſe.

Or le centre ou poinct du milieu du corps de l’hõme eſt natu-
rellement le nõbril: car ſi ledit homme eſtoit couché tout plat, a-
yant les pieds & les mains eſtendues, puis que lon miſt vne iambe

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.

powered by Goobi viewer