Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

DE VITRVVE. 
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Pleust à Dieu que Nature suyuat la sentence de ce Philosophe, 
les eust faictes visibles. Certainement s'il estoit ainsi, lo ne cognoi- 
stroit sas plus quelles louanges ou vituperes lo peut doner à lceux 
hômes, ains l'effect des scièces des disciplines estant subjedt à la 
consideration des yeux, ne seroit aucunement approuue par juge¬ 
ments depraués: car on bailleroit les autorites honnorables aux 
vertueux & de bo sçauoir. Toutesfois, puis qu'il ne peut estre sino 
comme il a pleu à ladicte Nature, de làvient que les gets ne peuuer 
bonement juger quelles sont les sciences des artifices cachees sous 
les poictrines closes: qui fait que lesouuriers, encores qu'ils pro- 
mettent de monstrer leur industrie ne peuuent par ce moyem acquerir 
aucun creditiny donner à entedre qu'ils sçachet ce dont ils font 
profession, s'ils ne sont riches, ou congnus de longue main para¬ 
uoir continuellement exercem leurs practiques, ou bien s ils n'ont grace 
de parler comme Aduocats. De ce pouuos nous prendre exemple sur 
les lmagiers & Peintres anciens: car ceux d'entr'eux qui ont eu 
renommee d'estre excellents, sont & serot à tousiours honnorés en 
la memoire de la posterité, comme Myron, Polyclete, Phidias, Li¬ 
sippe, & plusieurs autres, lesquels ont acquis reputation par leur 
art, à raison qu'ils ont esté employés aux seruices de Republiques 
fameuses, de grandsRois, ou autres personnages magnifiques, pour 
qui ils ont faict les beaux ouurages. Mais à la verité il y en auoit 
d'autres de leur temps mesme, qui n'estoyet de rien moins artistes 
que ceux là, toutesfois ils n'ont sceu paruenir à ceste renommee, 
pource qu'ils n'ont besongné finon pour quelques gentilshom- 
mes ou aucuns citoyens d'humble & modeste tortune: ce neant- 
moins leurs oeuures n'estoyêt inferieures à celles des tat estimés. 
Parquoy ne faut dire qu'ils ayent este desgarnis de bon sçauoir & 
docte experience, mais seulement abadonnes de felicité humaine. 
En ce nombre sont Hellas d'Athenes,Chion de Corinthe, Mya- 
gre de Phocee, Pharax d'Ephese, Bedas de Byzace, & assez de tels 
Imagiers: & quant aux Peintres, ne faut taire Aristomenes de Tha¬ 
sie, Polycles Atramitain, Nicomache, & innumerables, qui ont este 
bie pourueus d'industrie, d'amour de leur art, & de practique suf 
fisante. Ce nonobstant, ou le peu de biens qu'ils auoyet, ou la ma- 
lignité de fortune, ou la victoire de leurs emulateurs contendans 
contr eux par ambition, se sont opposees à leur gloire. A ceste cause 
je dy qu'il ne se faut esbahir si les vertus des arts sont obscurcies 
par ignorance; mais lon peut grandement detester la commu¬ 
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