Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

DE VITRVVE. 
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uenu solide: ces mesmes quarreaux ne peuuent conseruer leur prę¬ 
miere espaisseur, ains font vnè telle retraicte, qu'ils ne s'y peuuent 
allier, mais se separent de sa conjonction: parquoy les ouurages 
de la maçonnerie venant à se desjoindre & applacir a l'occasion 
d'icelle retraicte, ne peuuent demourer en estat: dont est force que 
le mur se fende, & voilà pourquoy les habitans d'Vtique en Afri¬ 
que ne bastissent de ces quarreaux, s'ils n'ont eu loisir de secher 
cinque ans auparauant: mais quand ils ont tout ce temps là, & que 
les Maistres iurés les appreuuent mettables, adonc s'en seruent 
ils en l'edification de leurs murailles. 
Il s'en fait ordinairement de trois especes. La premiere est cel¬ 
le que les Grecs nomment Didoron: & de ceste là vsent nos Ro- 
mains. Elle a vn pied de long, & demy de large. Des autres deux se 
font de jour en jour les maisonages d'iceux Greés. L'yne est dicte 
Pentadoron, & l'autre Tetradoron. Or ce que lesdicts Grecs diset 
Doron, c'est proprement ce que nous appellons vn Dour. Et de 
la vient que vn don qui se fait d'vne main en autre, se dit Doron 
entre iceulx Grecs pour autant qu'il se porte tousiours en la pau¬ 
me de la main. Ainsi le quarreau qui a de tous costés cinq pau- 
mes, est nommé Pentadoron: & celuy qui n'en a que quatre, Te¬ 
tradoron. De cestuy là qui en a cinq, se font les ouurages publi¬ 
ques: & de l'autre qui n'em a sinon quatre, les priués ou particuliers. 
Lon en fait aussi des demis, proportionnes à ces grands: & quand 
ce viet à les mettre en œeuure, le maçon assiet vne renge des grands, 
& puis vne autre des petits: & fait celà iustement à la ligne, tant 
d'yn costé que d'autre de la muraille: parainsi ces cours distin- 
gués & liés parensemble, rendent yne fermeté bien grande, & si 
ont vne presence belle, & de bonne grace. 
Or à Calente,ville d'Espagne vlterieure, c'est à dire en la partie 
Occidentale, à Marseille en Gaule, & à Pitane en Asie, lon y fait des 
quarreaux, lesquels, quand ils sont secs, ne vont point à fonds s'ils 
sont jectés en l'eau, mais flottent dessus. Et seble que lo peut esti- 
mer cela prouenir de ce que la terre dont on les forme, est de la 
nature de Ponce, qui estant legiere sur toutes pierres, quand elle a¬ 
esté reserree par auoir longuement demouré a l'air, ne reçoit la 
liqueur en soy, & n'en sgauroit estre abbreuuee. Et pour ceste pro¬ 
prieté non poreuse, & legiere, ne permet la puissace humide pene¬ 
trer en son corps: dont faut necessairement à raison de sa nature, quę 
leau la soustienne: & parainsi les quarreaux ou tuiles faictes de 
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