Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

PREMIER LIVRE ſauroyent faire vn parfaict Architecte. Il eſt donques beſoin qu’il
ſoit lettré, expert en pourtraicture, ſçauant en Geometrie, non i-
gnorant de Perſpectiue, bien inſtruict en Arithmetique, ayant cõ-
gnoiſſance de pluſieurs Hiſtoires, diligent en la lecture des Phi-
loſophes, exercité en Muſique, practiq en Medecine, & aux tra-
ditions des Iuriſconſultes, puis tant vſité en Aſtrologie, qu’il ayt
intelligence du cours & mouuement des Cieux.

Les cauſes qui me meuuent à luy deſirer ces particularités,
ſont, qu’il faut auant toute oeuure qu’il ayt des lettres, à fin que
par lire ſouuent les bonnes choſes, il puiſſe rendre ſa memoire
plus ferme.

Il eſt beſoin qu’il ſçache bien pourtraire, à ce que par ſes deſ-
ſeins ou figures, luy ſoit loiſible de repreſenter toute forme d’ou-
urage à ceux que bon luy ſemblera.

Au regard de la Geometrie, elle fait pluſieurs grands ſecours
en ceſt endroict: car par la bonne diſpoſition des lignes, elle ap-
prend l’vſage du compas, au moyen duquel ſont plus à l’aiſe ex-
pediees les deſcriptions des edifices ſur les terraſſes ou plattes
formes: & s’en font plus juſtement les conduites & directions des
traicts, pout les reduire à Reigle & à Nyueau.

Par la Perſpectiue l’Architecte entendra comment il faut auec
bonne raiſon donner le iour â ſes edifices, & le faire venir de cer-
taines parties du Ciel.

Et au moyen de l’Arithmetique ſçaura dreſſer le compte de
tous les frais d’vn baſtiment: puis auec les methodes ou brieues
narrations de Geometrie, pourra expoſer la raiſon des meſures,
enſemble les queſtions difficiles concernantes les ſymmetries.

Mais ce qu’il faut qu’il ſçache beaucoup d’hiſtoires, eſt pour-
ce que ſouuentesfois les Architectes deſignent pluſieurs enri-
chiſſements en leurs œuures, dont ils doyuent rendre raiſon
quand on leur demande qui les a meus de ce faire: Comme fi
quelqu’vn en lieu de colonnes, mettoit des ſtatues de marbre
portant repreſentation de femmes veſtues, que lon nomme Ca-
ryatides, & pofoit ſur leurs teſtes des Modillons & Cornices: fi
lon luy demandoit qui le meut, il pourroit reſpondre en ceſte
ſorte:

Carya ville de Peloponneſe, ou ſelon aucuns, de la Moree, re-
gion d’Aſie la mineur, fit iadis alliance auec les Perſans commũs
ennemis de la Grece: parquoy les Grecs, eſtans retournés victo-

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