Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

je vois vueil bien aduiser,à fin que fi queleun defroit conferer le Fran¬ 
çois au Latin, qu'il me treune auoir expose les sentences, & non sujuie 
sa diction de mot à mot. D'auantage il faut que ie vous die que cedit Au¬ 
teur auoit esté si estrangement corrompu en diuers passages, que si on¬ 
seigneur le reuerendißime Cardinal de Lenoncourt mon maistre, ne m'eust 
donné tout loisir & moyen de mettre la main à l'auure, mesmes si je 
ne me fusse preualu du labeur de Frere lean loconde l'Architecte, du 
susdit Meßire Leon Baptiste Albert, de onsieur Bude, de Monsieur 
Philander ia nomme, de Meßire Sebastien Serlio, de maistre lea Gou¬ 
jon, & d'autres excellents personnages dignes de l'immortalité, jamais 
je ne fusse venu au bout de mon entreprise. Si est-celà dire vray) qu'ils 
ne m'y ont en tout & par tout aßisté, ains a souuentesfois couenu que ie 
me soye faict la voye par le moyen de la raison, ioincte à l'vsage du co¬ 
pas, & practique de pourtraicture, dont j'ay presenté les choses aux ou- 
uriers,telles que je les coceuoye en fantasie, à fin d'en auoir leur jugemet 
auec la proprieté des termes de leurs arts correspondans aux antiques: 
en quoy du premier coup,ny sans grads frais ils ne m'ont satisfaict. Mais 
si ie n'eusse vsé de telle industrie, ie perdoye & mon temps & ma peine, 
àraison dequoy, pour ne me monstrer ingrat en leur endroit, ie leur ay 
faict vne declaration des noms propres & termes difficiles contenus en 
cest Auteur, laquelle a esté mise au aernier du liure. Ce nonobstant, enco¬ 
res ne me vueil je attribuer d'auoir si parfaictement poli mon ouurage, 
qu'il n'ypuisse estre demeuré aucunes taches de rouilleure, lesquelles, peut 
estre, fussent außi bien eschappees à d'autres plus experis que moy, qui 
espere en la grace du createur, faire en sorte que les plus curieux se de- 
uront contenter de ma diligence, lesquels ie suppli,comme pareillement 
ie fays tous autres studieux, qui penuent iuger par eux mesmes combien 
est malaisee l'explication d'un tel auteur, qu'ils veuillent prendre en 
bonne part ce que l'en ay faict, & que si d'auenture aucun calomniateus 
en mesdisoit en leur presence, ils taschent par douces & honnestes remo¬ 
strances de le renger à telle raison qu'il en apprenne à deuenir plus sage 
& plus modeste: Ce faisant la fin de tous mes estudes sera tousiours de¬ 
diee au proffit de la chose publique de ce Royaume, que Dieu maintienne 
en sa tressaincte garde, & luy dor ne en ier accroissement de parfaicte 
prosperité. 
LA
	        
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