Full text: Ufano, Diego: Artillerie, ou vraye instruction de l' artillerie et de ses appartenances

Second Traicté pourquoy c’eſt que l’aſſiegeant voulant demonter vne piece aux aſſiegez, il y en oppoſe
touſiours trois ou quatre?

Cap. C’eſt pour en venir tant pluſtoſt à bout, tant pour oſter toutes occaſions de ſe
reparer, que pour l’eſpouuanter par ſon furieux aſſaut. Cependant auſſi les aſſiegez ne dor-
ment, ains ſont tres- vigilants tant à leur deffenſe, qu’a l’offenſe de leur ennemy, y trauail-
lant ſouuentesfois ſi heureuſement, qu’ils le contraignent de quitter auec honte ſon entre-
priſe. Neantmoins le party des aſſiegeants eſt le meilleur: eſtant touſiours mieux ſe trou-
uer en pauure campagne, qu’en vne ville riche & peuplée, preſſée de l’ennemy. Mais pour
concluſion, ayant par cy deuant maintenu que les pieces en campagne eſtoient meilleures
que celles qui ſont en muraille, ayant en teſte telle contrebatterie, i’ay peur qu’elles n’en
ayent du pire.

54. DIALOGVE XVIII.
Comment on doit battre la pointe d’vn bastion, & les deffences qui ſe
peuuent faire en iceluy.

GEn. Nonobſtant que les iours paſſezie vous aye moleſté de beaucoup de deman-
des, ſi ne m’en puis-ie encor deporter, me ſouuenant à preſent d’vne aſſez perti-
nente qui conuient à noſtre propos: à ſçauoir, pourquoy parlant de toutes ſortes
de batteries, vous n’auez fait mention d’aucune qui ſe fait contre le baſtion?

Cap. Pource qu’en ayant monſtré deux qui ſe font és courtines, ie penſois auoir ſa-
tisfait, & que veu la force & difficulté d’attaquer les baſtions, oùie ne conſeillerois d’en
employer les munitions & temps, i’eſtimois n’eſtre beſoing d’en faire longue deſcr [?] iption.

Gen. Ie m’en ſouuiens de l’auoir ouy: toutesſois d’autant que l’occaſion ſe pourroit
preſenter, que ( comme vous y diſiez auſſi des forts eſquels les courtines ſont courtes & ſer-
rées ) il fau droit battre le cauallier ou la pointe du baſtion, ie vous prie de m’en monſtrer
quelque trace, tant pour l’offenſiue que pour la deffenſiue.

Cap. I’en ſuis content, & preſt de vous ſeruir mon Seigneur, en ce qu’il vous plaiſt
me commander. Or pour battre vn baſtion ie n’employeray plus d’Artillerie, que les pieces
nommées, en la batterie de la courtine, à ſçauoir 8. canons, 6. demys & 4. quarts pour les
deffenſes: ce qui ſuffit, comme vous voyez en la figure, pour renuerſer & abbatre tout le
baſtion. Les 8. canons battant en angle droit contre le coſté, les ſix demys, departis en deux
camerades, de leurs trauerſes, raſent non ſeulement ce qui a eſté eſmeu par le ſdites canon-
nades, mais s’il eſt beſoing, donnent és caſemattes: & les quatre quarts attendent auſſi leur
occaſion, comme ſut dit ſuffiſamment.

Gen. Monſieur ie ſerois d’aduis de preferer telle batterie à toutes les autres ſortes,
bien eſbahy de l’opinion de ceux qui ne veulent battre qu’en courtines.

Cap. De cecy vous en auez ouy les raiſons euidentes, tant en paroles qu’en figures
& traces, leſquelles ſe voyent encor plus clairement, en celle que ie vous preſente en la ſi-
gure 12. α. des diue@ſes fortifications que les affiegez s’y peuuent faire, s’y retranchans quel-
quesfois: de ſorte qu’il y a bien de la peine de les y forcer. De quoy il n’y a point de danger
és courtines, qui eſtant pour vne fois abbatuës, on peut plus aiſement auec la foulle des
gens, forcer la breſche, ſans ſoupçon d’autre danger que des baſtions & leurs caſemattes
eſloignées, auſquelles on peutrencontrer, en leur oppoſant autres pieces plantées au bord
dufoſſé, ou ailleurs, ſelon que la neceſſité requiert, & l’occaſion le permet.

Gen. Mais telles fortifications ne ſe peuuent-elles faire auſsi bien és courtines?

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.

powered by Goobi viewer