Full text: Ufano, Diego: Artillerie, ou vraye instruction de l' artillerie et de ses appartenances

Second Traicté riuiere, de ſeruir de leurs plattes & bateaux: outre ce que és batteries ils ſont auſsitenus
d’aſsiſter à l’Artillerie, en ce quileur eſt commandé.

Les calefats ſe trouuent touſiours aupres des bateaux, pour les refaire s’ils ſont en-
dommagez, ayans touſiours leurs inſtrumens preſts.

Les Maiſtres de feux artificiels, auec leur Ingenieur, doiuent touſiours eſtre preſts
pour endommager & moleſter les ennemis, leur iettant toutes ſortes de feux, & compo-
ſitions ſelon leur artiſice.

Aux petardiers eſt recommandé de ne perdre, l’occaſion ſe preſentant, & tenir les
petards tous preſts, pour rompre portes, ponts-leuis, murailles, & autres repaires & def-
fences de l’ennemy, qui empeſchaſſent le deſſein de l’armée.

Au Preuoſt appartient, d’aider à tirer le train de ſon quartier en campagne; qu’il mette
ordre entre les viuandiers, ſuiuant ledit train; que leurs chariots chacun eſtant logé en ſon
lieu, n’occupent pas trop de place d’armes, & ſingulierement qu’ils ne ſoient meſlez entre
les chariots des munitions. Item qu’ily mette la taxe iuſte ſur les viandes ſelon le temps & lieu, & qu’elles vallent és villes prochaines. Item qu’il face pouruoir de bons conuoys & gardes leſdits viuandiers en leurs entrées & ſorties, qu’ils neſoient détrouſſez, & que l’ar-
mée ne demeure en diſette. Item qu’auec grande diligence il face la ronde au quartier, & y
rencontrant quelque malfaicteur, il s’en ſaiſiſſe, & eſtant du corps de l’armée, le deliure
au Preuoſt general: Et s’il eſt du train, en aduertiſſe ſon General, auec le procedé de ſon
forfaict, pour en faire la deuë iuſtice, ou autre punition conuenable. Auſsi eſt-il obligé de
ſe trouuer preſent au depart dudit train, afin qu’il n’y ait des differens ou débats ſur qui
prendra l’auant ou l’arriere-garde: Attendant ſi quelque choſe luy ſeroit commandée,
tant par les Lieutenans du General, que du General meſme.

L’ayde du Mareſchal de camp, a vne charge fort laborieuſe & penible. Il eſt
obligé d’apprendre tous les ſoirs le mot du guet ou l’ordre, & autres inſtructions du Maiſtre
du camp general, & le donner à ſon General & ſes Lieutenans. Item de departir les muni-
tions des viures. Item de s’enquerir de L’ayde du Mareſchal de camp general de ſon quar-
tier. Item s’il faut que le train marche, qu’il prenne les guides, les demandant à leur chef,
choiſiſſant touſiours les plus experts & habiles pour la conduite de l’Artillerie, ſelon le
chemin qu’elle aura à faire. Item qu’il marque le quartier pour tout le train, traçant la pla-
ce des armes, & puis logeant vn chacun en particulier, depuis la perſonne du General, iuſ-
ques au moindre dudit train. Item que quãt au fourrage & prouiſions à luy commiſes, il en
face diſtribution égalle au contentement de chacun, ayant toutefois eſgard au temps, lieu
abondance & defaut d’iceluy. En ſomme il eſt obligé à tant de choſes, que pour n’ennuyer
V. S. par vn trop long recit, i’obmettray le reſte: vous aſſeurant que c’eſt le plus penible
office qui ſoit en tout cedit train.

Les Ingenieux des fortifications ſont obligez de traçer les tranchées à la façon plus
ſeure & conuenable qu’ils entendent, donnant auſsi ordre qu’elles ſoient faites comme il
appartient. Item de montrer les lieux & façons des plattes-formes, baſtions, caualliers,
demies-lunes, & autres retranchemens propres, tant pour la deffence des amis, que pour
offencer les ennemis. Item qu’ils remarquent bien les diſtances des lieux, la largeur, la
profondeur des fleuues & foſſez, la hauteur, longueur, & eſpoiſſeur des murailles & leurs
courtines: ſans autres particularitez dépendantes de leurſcience, en laquelle on ſe fie de
beaucoup.

Les pionniers, laboureurs, & autres telles gens de loüage, couppent les bois & fagots
pour l’vſage des gabions & autres telles neceſsitez: trauaillent au remuëment de la terre,
aux tranchées, font les eſpaules, parapels, & autres telles pieces de leur labeur tant pour
deffendre que pour offencer: Ioint que quand l’Artillerie marche, ils l’accompagnent tou-
ſiours. Et afin que V. S. ne s’eſmerueille que i’en ay demandé ſi grand nombre, à ſçauoir
vnou deux mille pour ledit train de l’Artillerie, ie vous eſcriray quelque peu plus au long

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