Full text: Ufano, Diego: Artillerie, ou vraye instruction de l' artillerie et de ses appartenances

Cap. Certes ils ne ſont point à meſpriſer & reietter en ſemblable lieu, veu le
grand ſeruice qu’on en peut auoir: car ioüans de haut en bas, & ce auec grande force,
ils peuuent eſtre tellement adiuſtez ou pointez, que, ſoit de prés ou de loing és trenchées,
ou meſmes au temps de l’aſſaut, on face tomber leurs boulets de feu, armez de pluſieurs
coups de mouſquets auecleurs boulets, & autres matieres auſsi inextinguibles, en la plus
grande foule & preſſedes ennemis, pour non ſeulement les eſpouuanter, mais auſsi les
intereſſer grandement.

Gen. Et des mouſquettons de bronze, quel en eſt l’vſage?

Cap. Ceux cy ſont departis és quartiers eſquels l’ennemy trauaille pour faire
ſes approches, tourmentans non ſeulement l’ennemy, en ſorte qu’il ne ſe puiſſe ſuf-
fiſamment couurir de ſes blindes & gabions vuides, mais eſpargnans auſsi beaucoup
de munitions.

Gen. Ie confeſſe que vous auez fait ce diſcours auec grande conſideration: cepen-
dant ily reſte encor trois choſes, deſquelles ie deſire d’auoir inſtruction. Lapremiere, de
l’vſage des fagots & des gabions; la ſeconde de l’eſſect des doubles cuiraſſes; & la troiſieſ-
me du logis le plus commode pour offenſer l’ennemy ſans aucun danger.

Cap. Quand au premier: Ie vous aſſeure, Seigneur, que les gabions, & ſur tout les
fagots ou ramages, ſont les pieces principales pour le ſoulagement des aſsiegez: de ſorte
qu’en ayans faute, il ſont en tres-grande perplexité. Car ie l’ay experimenté en pluſieurs
endroits, que d’auoir eſté vaincus, ou contraints de ſe rendre, ç’a eſté comme ils s’en plai-
gnoient par faute de fagots. Et de fait, on s’en peut bien difficilement paſſer és deffenſes
qui ſe font auec de la terre, entre laquelle ces fagots ou ramages ſont entrelaſſez. Et pour
faire les plattes-formes en haſte, il faut neceſſairement qu’ils en ayent: C’eſt auſsi d’iceux
qu’ils ſe feruent en la fabrique des demies lunes. En ſomme faute de fagots, faute de def-
fenſes. Des gabions non ſeulement ils ſe couurent en leurs trauaux mais s’en ſeruent auſsi
pour tromper l’ennemy, les mettant en lieux diuers, de ſorte qu’il ne ſe ſçache bonnement
vers quellieu il doiue pointer ſon Artillerie.

Gen. Ie n’euſſe iamais penſé que ces choſes fuſſent de ſi grande conſequence: Et
ſuis d’aduis que non ſeulement on en fit prouiſion publique, mais auſsi, comme on a affaire
en la maiſon, chacun pere de famille fut obligé de s’en pourueoir tous les ans de certaine
quantité, quien telle neceſsité pourroient ſuppléer toute faute. Mais que dites-vous du lo-
gis des pieces.

Cap. De cecy il n’y a gueres à dire, quand on ne ſçait le lieu auquel ſe fera le pre-
mier aſſaut. Toutesfois, afin que pour tous euenemens, nous diſions quelque choſe, s’il atta-
que la courtine, il faudra, comme la figure 10. α le monſtre, loger l’ Artillerie aux baſtions
plus proches: mettant auſsi deux pieces ſur le bord interieur du foſſé, qui flanquent la
breſche. Auec cet aduertiſſement, que nulles de ces pieces tant du baſtion que du foſſé ne
iouë, iuſques à ce que l’ennemy ſe preſente auec grande foulle pour forcer ladite breſche,
& alors en vn in ſtant auec grand effroy & carnage d’iceluy on les de ſchargera. Mais s’il at-
taque le baſtion, il le faudra retrancher au col, noté de A, & loger en ce retranchement
quelques pieces, auec bonnes eſpaules, & les y tenir couuertes, iuſques à ce que l’ennemy
y ſoit, eſperant ville gaignée, bien entré leans: & alors les deſcouurir & deſcharger ſubite-
ment contre iceluy, l’en rembarrant en vn moment.

Gen. Et cecy ne ſe pouuoit-il faire auſsi bien en la courtine qu’au baſtion?

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