Full text: Voltaire: Elémens De La Philosophie De Neuton

ELEMENS Je renonce aux lauriers, que long-tems au Théâtre
Chercha d’un vain plaiſir mon eſprit idolâtre. De ces triomphes vains mon cœur n’eſt plus touché. Que le jaloux Rufus à la terre attaché,
Traîne au bord du tombeau la fureur inſenſée,
D’enfermer dans un vers un fauſſe penſée,
Qu’il arme contre moi ſes languiſſantes mains
Des traits qu’il deſtinoit au reſte des humains. Que quatre fois par mois un ignorant Zoile,
Eleve en fremiſſant une voix imbécile. Je n’entends point leurs cris que la haine à formez. Je ne vois point leurs pas dans la fange imprimez. Le charme tout-puiſſant de la Philoſophie
Eleve un eſprit ſage au-deſſus de l’envie. Tranquille au haut des Cieux que Neuton s’eſt ſou-
mis,
Il ignore en effet s’il a des Ennemis. Je ne les connois plus. Déja de la carriere
L’auguſte Vérité vient m’ouvrir la barriere. Déja ces tourbillons l’un par l’autre preſſez,
Se mouvant ſans eſpace, & ſans règle entaſſez,
Ces fantômes ſavants à mes yeux diſparaiſſent.

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