Full text: Voltaire: Elémens De La Philosophie De Neuton

DE LA PHILOSOPHIE la vûe pouvoit donner cette idée. Ce ne
fut qu’au bout de deux mois d’expérience,
qu’il put appercevoir que les tableaux re-
préſentoient des corps ſolides: & lorſqu’a-
près ce long tatonnement d’un ſens nouveau
en lui, il eut ſenti que des corps, & non
des ſurfaces ſeules, étoient peints dans les
tableaux; il y porta la main, & fut étonné
de ne point trouver avec ſes mains ces
corps ſolides, dont il commençoit à apper-
cevoir les repréſentations. Il demandoit
quel étoit le trompeur, du ſens du toucher,
ou du ſens de la vûe.

14.1.

Preuve
par l’ex-
périen-
ce de
l’aveu-
gle-né
guéri
par Chi-
ſelden.

Ce fut donc une déciſion irrévocable,
que la maniere dont nous voyons les cho-
ſes, n’eſt point du tout la ſuite immédia-
te des angles formés dans nos yeux; car
ces angles Mathématiques étoient dans les
yeux de cet homme, comme dans les nô-
tres, & ne lui ſervoient de rien ſans les ſe-
cours de l’expérience & des autres ſens.

Comment nous repréſentons-nous donc
les grandeurs & les diſtances? De la même
façon dont nous imaginons les paſſions des
hommes, par les couleurs qu’elles peignent

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