Full text: Voltaire: Elémens De La Philosophie De Neuton

Nous n’avons donc aucun moyen im-
médiat, pour appercevoir tout d’un coup la
diſtance, comme nous en avons, pour ſen-
tir par l’attouchement, ſi un corps eſt dur
ou mou; par le goût, s’il eſt doux ou amer; par l’ouïe, ſi de deux ſons l’un eſt grave
& l’autre aigu. Il faut donc que l’idée de
la diſtance nous vienne par le moyen d’une
autre idée intermédiaire: mais il faut au
moins que j’apperçoive cette intermédiaire; car une idée que je n’aurai point, ne ſer-
vira certainement pas à m’en faire avoir
une autre. Je dis qu’une telle maiſon eſt à
un mille d’une telle riviére; mais ſi je ne
ſai pas où eſt cette riviére, je ne fai cer-
tainement pas où eſt cette maiſon. Un corps
cède aiſément à l’impreſſion de ma main; je
conclus immédiatement ſa molleſſe. Un au-
tre réſiſte, je fens immédiatement ſa dure-
té; il faudroit donc que je ſentiſſe les angles
formés dans mon œil, pour en conclure im-
médiatement les diſtances des objets. Mais
perſonne ne s’aviſe de ſonger à ces angles
quand il regarde un objet. La plûpart des
hommes ne ſavent pas même ſi ces angles
exiſtent: donc il eſt évident que ces an-

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