Staats=Archiv VII. 26.
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menrtre horrible. Le citoyen Belin, qui s'étoit refugié chez
M. Jacobi, ayant appris notre arrivée, s'empressa de venir
nous représenter le danger auquel nous nous exposions en
restant dans le châtean, et nous engagea, à accepter l'offre de
madame de Reden, qui nous pressoit de passer la nuit chez
elle. Nous nous y rendimes dans la voiture de M. de Dohm;
le citoyen Belin y resta avec nous. Les tourmens que nous
éprouvâmes pendant cêtte longue nuit, sont inexprimables:
ceux de papa pouvoient seuls les surpasser.
Il étoit sept heures du matin quand M. de Reden vint
nous annoncer un bonheur que nous n'espérions plus. La
joie l'oppressoit tellement, qu'il eût peine à nous dire ces
mots: il est sauvé, je l'ai vu. C'est chez M. de Goërtz que
nous embrassâmes papa, qui, par son air abattu, son teint
livide, ses yeux morts, son nez coupé, et sanglant, son bras
en écharpe, l'épuisement de ses forces, et sa douleur sur la
perte de ses collègnes, auroit attendri les coeurs les plus dures.
C'estlà qu'il nous apprit par quel miracle il nous étoit conservé.
A une heure nous quittâmes les hommes sensibles qui avoient
partagé si vivement nos craintes, notre affliction et notre
sort C'est sous l'escorte de douze hussards du margrave et
de *) vingt-quatre Szecklers que nous partimes de Rastadt. Le
major de Harrant et M. Jordan nous accompagnèrent. Nous
passâmes sur le lieu de l'assassinat ; les traces de sang, les
passe-ports déchirés y étoient encore. Nous alfections une
sécurité que nous étions loin de posséder; l'espoir de rentrer
dans notre patrie avoit fui de nos coeurs.
A Plittersdorf, un jeune italien, officier des Szecklers,
s'approcha de notre voiture, parut peiné du malheur qui nous
étoit arrivé; assura à papa qu'il n'y avoit point participé;
lui offrit de lui faire rendre le portrait de sa femme et de
ses petits enfans; et, à cet effet, lui demanda son nom. Papa -
voulut lui remettre une récompense pour ses soldats; il
la refusa: l'autre officier l'accepta, et la donna à un trompette. -
Les bateaux étant arrivés, papa remercia M. Jordan, le
major de Harrant, puis le commandant de l'escorte autrichienne, -
et nous nous embarquâmes. Peu après nous arrivâmes -
à Seltz, où la cause de nos pleurs, de nos regrets n'étoit
*) Die Verschiedenheit der Angaben über diese Eskorte in den verschiedenen -
Aussagen rührt daher, weil die Zahl der Kaiserlichen Husaren
sich auf dem Wege immer und bis an 30 vermehrte, da sie nach
der Abrede nur aus 8 Mann bestehen sollte, aber schon bey der
Abreise stärker war.
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