est depuis le chapiteau A ou B, jusqu'à l'endroit C, C,
où était l'oreiller sur lequel je suppose que les bras
descendaient et venaient frapper lorsqu'ils étaient détendus, -
et d'où on les tirait pour les faire approcher
du chapiteau en les courbant.
(14) Bien que je ne me sois pas proposé de trouver
du sens dans tout ce qui est dit ici pour l'explication
de la Catapulte, il y a néanmoins quelques endroits
où il semble que l’on y entrevoit. Cet endroit peut devenir -
un des plus raisonnables, pourvu que l'on y corrige -
peu de chose. Il y a nam si capitula altiora quam
entrevoir quelque chose dans le reste : les interprètes
ne l'ont pourtant point expliqué, ils estiment touque -
anatona et catatona signifient le ton haut ou baque -
les cordes plus ou moins tendues rendent quand
on les touche, fondés sur l'endroit du premier chapitre -
du premier livre, où il est dit que les cordes qui
tendent les bras des catapultes doivent être homotona
c'est-à-dire, tendues si également qu'elles aient un
même ton quand on les fait sonner. Mais il est évident -
que l’auteur entend ici autre chose, et que le
haut et le bas, qui apparemment est signifié par ano et
cato, qui composent les mots dont il s'agit, ne doivent
point être interprétés du haut ou du bas ton, mais de
la plus haute ou de la plus basse situation du chapi¬LIVRE
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faut ainsi proportionner ses bras, et faire en sorte que si le chapiteau est
plus haut que la longueur des bras ne le requiert (14), ce qui le fait appeler Anatonum -
(15), on les accourcisse, afin que cette élévation ou hauteur du chapiteau.
qui est cause que les bras sont moins tendus, étant récompensée par l'accourcissement -
des bras, la machine puisse frapper avec assez de force; et, au contraire.
si le chapiteau est moins haussé, ce qui le fait appeler Catatonum, les bras doivent -
être plus tendus : c'est pourquoi on les allonge, afin qu'ils puissent être
courbés aisément jusqu'où il faut. Car, de même qu'un levier qui, étant de
quatre pieds, est suffisant pour faire que quatre hommes puissent remuer un
erit latitudo, facta fuerint; ce qui n'a point de sens,
car on ne peut deviner à quoi se rapporte latitudo. Je
crois qu'il faut lire : Nam si capitula altiora quam fert
longitudo (hoc est brachiorum), facta fuerint ; ce qui me
fait faire cette correction est qu'il s'agit de la longueur -
des bras, et non pas de leur largeur.
(15) C'est ici, à mon avis, l'endroit de tout le chapitre -
qui est le plus intelligible, et qui donne lieu à
teau, comme si par anatonum il avait voulu dire anc
teinon ; c'est-à-dire, bandant vers le haut, et cato teinon,
c'est-à-dire, bandant vers le bas, par catatonum, le
chapiteau étant dit bandant vers le haut quand il est
plus éloigné du moulinet et plus proche des arbres.
ou bandant vers le bas quand il est au contraire; ce
qui fait que les arbres souffrent une plus grande ou
une moindre tension, comme il se peut voir dans la
figure, qui explique assez clairement le raisonnement
que Vitruve fait sur la proportion des arbres à la
hauteur du chapiteau, laquelle ne se peut entendre
de la différence du ton , parce que, soit que le chapiteau -
soit catatonum, c'est-à-dire abaissé et bandant
vers le bas comme en A, ou anatonum, c'est-à-dire
élevé et bandant vers le haut comme en B, et cela à
l'égard des arbres C, C, il donnera toujours un même
ton aux cordes, parce que l'auteur veut que par cetté
proportion qu'il prescrit la longueur des bras qui les
rend plus flexibles récompense l'abaissement du chapiteau -
qui fait une plus grande tension, ou que leui
accourcissement supplée à ce qui manque à la tension -
que les chapiteaux donnent quand ils sont situes
plus haut, et qu’ainsi la machine ait toujours une pareille -
force pour frapper, et que l'on trouve aussi une
même facilité à la bander ; ce qui fera nécessairement
un même ton dans les cordes. Après tout, il faut demeurer -
d'accord que l'affectation que l'on sait être ordinaire
à Vitruve de se servir de mots grecs sans nécessite, et
même d'en forger de nouveaux, peut fonder les conjectures -
que l'on est souvent obligé de prendre où l'on
peut, pour deviner ce qu'il veut dire, et de supposel
que dans la composition des mots grecs qu'il a forgés il
n'a pas toujours été fort exact à observer les analogies