Full text: précedée d'un abrége de l'histoire florentine (1)

XVIII 
de'Medicis, Benoît et Antoine degli Alberti, Thomas Strozzi, 
et le même Louis Guicciardini Gonfalonier de Justice . La 
Seigneurie se voyant abandonnée des gens d’armes répondit 
et accéda aux demandes, qui lui furent faites par la populace, 
quoique déshonorantes et onéreuses à la république. Nonobstant 
tout ce qu’on vient de dire , elle dut, la matinée suivante, 
abandonner le palais, qui resta au pouvoir du peuple et des 
huit de guerre, qui n’avaient pas encore donné leur démission. 
Lorsque les révoltés entrèrent dans le palais, un nommé Mi¬ 
chel di Lando cardeur de laine portait le drapeau du Gon¬ 
falonier de Justice. Celui-ci, à pieds nus et couvert de hail¬ 
lons monta l’ escalier avec toute la bande, et lorsqu’il fut 
dans la salle d’audience de la Seigneurie il s’arrêta, et de¬ 
manda à la multitude ce que l’on devait faire : tous lui répon¬ 
dirent qu’ils le voulaient pour Gonfalonier et seigneur, et 
qu’il les gouvernât ainsi que la ville de la manière qu’il vou¬ 
drait. Ayant accepté la suprême magistrature , il fit publier la 
défense de bruler et de piller la moindre des choses, fit dresser 
un gibet sur la place, renouvella les syudics des métiers, forma 
la Seigneurie en la composant de quatre de la basse classe 
du peuple, deux pour les métiers majeurs, et deux pour les 
mineurs ; fit un nouveau scrutin, divisa l’état en trois or¬ 
dres, donna à messire Sylvestre de'Medicis le revenu des 
boutigues du pont-vieux, prit pour lui celui de la commune 
d’Empoli, et combla de bienfaits d’autres citoyens partisaus 
du peuple. Malgré les sages précautions du nouveau Gonfa- 
konier, homme adroit et prudent, qui était plus redevable 
à la nature qu’à la fortune, le peuple poussé par son audace 
ordinaire, croyant ne pas avoir dans le gouvernement tout 
le pouvoir nécessaire pour se défendre , reprit les armes et 
se rendit en tumulte sur la place demandant que la Seigneurie 
descendit sur le balcon pouryfaire de nouvelles déliberations. 
Michel blâmant la conduite du peuple , encourut son indigna- 
tion, car s’étant rassemblé à ste. Marie-nouvelle, il fit divers 
décrets et envoya deux députés à la Seigneurie pour en de¬ 
mander la confirmation de bonne volonté, et la ménacer en 
cas de refus, de l’y contraiadre par la force. Les députés 
s’acquittèrent de leur mission avec audace et présomption, 
en reprochant au Gonfalonier son ingratitude envers le peuple 
au quel il était redevable de sa dignité : Michel ne pouvant 
résister à pareille arrogance, et pensant plus à la charge 
qu’il occupait, qu’à la bassesse de son éxtraction, les blessa 
griévement avec l’arme qu’il portait, les fit garotter, et or- 
donna leur emprisonnement. Cette chose étant venue aux 
oreilles du peuple, la multitude en fut tellement irritée qu’elle 
courut avec fureur aux armes, et fit tout ce qu’elle put pour 
forcer la Seigneurie. Michel de son côté ayant rassemblé un 
grand nombre de citoyens, se rendit sur la place de ste 
Marie-nouvelle pour combattre les séditieux. Comme chacun 
avait pris une route différente, et ne s'était pas rencontré 
Michel rétrograda, et ayant engagé le combat, les défit com¬ 
pletement et les dispersa. L'on fut redevable de la cessation
	        
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