Full text: précedée d'un abrége de l'histoire florentine (1)

XVII 
à Bologne profitant de la disette qui affligeait Florence, tenta 
de se rendre maître de la Toscane, ce qui peut-être lui eût 
réussi, si les armes avec les quelles il attaqua les Florentins 
n’eussent été venales et infidelles : ses soldats abandonnerent 
l’entreprise pour 130,000. florins que leur donnèrent les Flo- 
rentins. Ces derniers ne se contentant pas de paraliser les 
efforts du légat, firent une coalition avec messire Barnabò, 
et avec tous les ennemis de l’église: ils élurent pour arbitres 
de gette guerre huit citoyens, qui la conduisirent si bien, 
qu’ils parvinrent à faire révolter contre le st. Siége la Roma¬ 
gne, la Marche, et Perugia. Cette guerre dura trois ans, et 
ne fut terminée qu’à la mort du pape. Les huit la gouvernè¬ 
rent avec beaucoup de sagesse, et à la satisfaction généralc : cha¬ 
que année ils furent confirmés dans le magistrat, et on les nom¬ 
ma saints, malgré le peu de cas qu’ils avaient fait des censures, 
en dépouillant les églises de tous leurs biens, et obligeant le 
clergé à les desservir. Dans le temps que les Florentins fai¬ 
saient ane guerre si obstinée au pape, ils ne pouvaient se 
défendre des capitaines di parte. Ces derniers devinrent si 
insolens qu’on les craignit, et respecta plus que la Seigneurie: 
ils furent cause qu’en 1378. la ville se divisa en deux partis, 
l’un pour ces mêmes capitaines, et l’autre pour les huit de 
guerre. La faction des Guelfi à la quelle les capitaines di 
parte étaient attachés, se reconnaissant plus faible, délibera 
d’ammonire Sylvestre de'Medicis, qui pouvait facilement de¬ 
venir Gonfalonier dans la prochaine Seigneurie; mais cela 
n’ ayant pas réussi par l’entremise des huit, Sylvestre revêtu 
de cette magistrature , émana, malgré l’opposition des col¬ 
léges , une loi contre les grands et favorable aux ammonity. 
Sylvestre qui avait fait mouvoir le peuple pour faire sanction- 
ner sa loi par les conseils, crut ensuite pouvoir rétablir le 
calme à Florence: il en fut autrement, parcequ’on refusa de 
déposer les armes , on brula les maisons de plusieurs citoyens, 
on pilla le couvent des Anges, et celui du st. Esprit, et cette 
multitude effrenée commit une infinité d’extorsions. 
L’élection de Louis Guicciardini à l’emploi de Gonfalonier, 
son éloquent discours aux magistrats et aux syndics des mé¬ 
tiers, firent peu d’effet sur le peuple, qui craignant d’être 
puni des dilapidations qu’ il avait commises, résolut d’après 
les insinuations d’un séditieux plébéien, de ne pas laisser les 
armes ; et chacun s’obligea, avec serment, de se prêter un 
secours mutuel, dans le cas d’oppression de la part des ma¬ 
gistrats. La Seigneurie instruite de ce projet fit arrêter un 
nommé Simon , qui révela toute la conjuration : elle aurait 
certainement pu s’y opposer , si Nicolas da s. Friano n’eût, 
en découvrant les tourmens que la Seigneurie faisait souffrir 
à Simon, excité le peuple a de nouveaux troubles. Le 21. 
juillet 1378. les séditieux vinrent sur la place , demandèrent à la 
Seigneurie leurs prisonniers, brulèrent les maisons de Louis Guic¬ 
ciardini pour se faire rendre les détenus, enlevèrent à l’exé¬ 
cuteur le drapeau de la justice, brulèrent les papiers du métier de 
lu laine, et firent 64. chevaliers au nombre des quels Sylvestre
	        
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