Full text: précedée d'un abrége de l'histoire florentine (1)

XV 
bler trois cents parmi les principaux, sous prétexte de vouloir 
se conseiller avec eux, dans l'intention de s'en défaire en 
condamnant les uns à la mort, et les autres à la prison, 
quand ils seraient réunis. Mais ceux-ci voulant plutôt mourir 
comme des hommes, les armes à la main, qu’être conduits à 
la boucherie comme autant de veaux, résolurent le jour sui¬ 
vant (26. juillet 1343.) d'exciter du tumulte au marché vieux, 
de s'armer après cela, et d'appeler le peuple à la liberté. En 
effet ce jour étant arrivé, tous coururent aux armes, chacun 
jura la mort du duc, il se donna sur la place un fier combat 
entre le peuple et les gens de Gualtieri, on l'assaillit lui-mème 
dans le palais, on enfonça les portes des prisons, on brula 
les archives du Podestà et de la chambre publique, on sac¬ 
cagea les maisons des recteurs, on égorgea tous les ministres 
du duc qu’on put saisir, on établit une nouvelle forme de 
gouvernement, et on contraignit Gualtieri à s’eloigner de la 
ville, et à renoncer à tous les droits qu’il avait sur Florence. 
Ces accidens ayant encouragé les habitans d’Arezzo, de Casti¬ 
glione, de Pistove, de Volterre, de Colle, et de st. Gimi¬ 
gnano à se révolter, il en résulta que Florence fut privée du 
tyran, et de son domaine en même temps; et en recouvrant 
sa liberté, elle enseigna à ses sujets comment ils devaient 
s’y prendre pour recouvrer la leur. Mais la conduite prudente 
que les nouveaux magistrats tinrent dans une semblable cir¬ 
constance fut telle que les Florentins recouvrerent bientôt le 
domaine qu’ils avaient perdu, et d’autant plus facilement que 
le célèbre Machiavelli put dire en pareille occasion „, qu’on 
„ obtient ordinairement plutôt, et avec moins de danger et 
„ de frais ce que l’on veut en ne montrant aucun désir de le 
posséder, qu’en s’obstinant à vouloir l’acquerir par force ,, 
Les choses ayant été appaisées au déhors, ils s'occupèrent 
de celles de l'intérieur: la ville fut divisée en quartiers, trois 
Seigneurs furent nommés pour chacun; on mit de côté le 
Gonfalonier de justice, et ceux des compagnies du peuple; et 
on élut huit conseillers, dont quatre furent pris parmi les 
grands , et quatre dans la classe du peuple, pour remplacer 
les douze Buonomini. Mais les grands, mécontens de vivre 
avec cette modestie qui convient dans la vie civile, suscitè¬ 
rent de nouveaux troubles que l’évêque ne put arrêter, et qui 
occasionnérent une nouvelle réforme dans le gouvernement. 
toute à l’avantage et à la satisfaction du peuple, qui était 
resté supérieur par le nombre. Dans cet interyalle une grande 
disette affligeait la ville : André Strozzi crut devoir en profiter 
pour usurper la liberté de la patrie. Il vendait son bled à 
meilleur marché que les autres, et s’étant par ce moyen fait 
un parti, il monta un matin à cheyal, et suivi de quatre mille 
hommes il se rendit sur la place des Seigneurs, en deman¬ 
dant qu’on lui ouvrit le palais: etonné de la résistance des 
Seigneurs, et plus encore de leurs proclamations, il ne lui 
resta d’autre moyen que la fuite pour eviter de tomber entre 
les mains des magistrats. Cet évenement donna du courage 
aux grands; ils prirent à plusieurs reprises les armes contre
	        
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