Full text: précedée d'un abrége de l'histoire florentine (1)

XIII 
dut en 1317. retourner dans son pays; et le gouvernement de 
la ville en conféra la domination pour trois ans, au roi Ro¬ 
bert. La puissance de Castruccio Castracani nouveau seignear 
de Lucques ayant réveillé l’attention des Florentins, ils déli¬ 
bérèrent de lui déclarer la guerre. Se prévalant ensuite de 
l’occasion que leur en fournissait la prise de Prato faite par 
Castruccio en 1323, ils vinrent l’attaquer ouvertement. Indécis 
fut le sort de cette guerre, qui, quoique propre à détourner 
les citoyens des discordes intestines, ne le fut pourtant pas 
assez pour empêcher les troubles qu’en cette même année 
causa le retour des éxilés à Florence. On fit en ce temps de 
nouveaux réglemens à l’égard des compagnies du peuple , et 
on établit pour la première fois dans les magistratures, des 
scrutins. La puissance de Castruccio augmentait chaque jour 
et les Florentins qui en craignaient l’étendue, résolurent de 
délivrer Pistoye de son obéissance avant qu’il y eût bien établi 
son domaine. En effet ayant mis en ordre une armée, et s’étant 
campés à Altopascio, sous la conduite de messire Raymond 
da Cardona leur capitaine, les Florentins y essuyèrent une 
entière défaite causée par ce même messire Raymond, qui aspi¬ 
rant au gouvernement de la république, dans le dessein d’en de¬ 
venir le tyran, ordonna avec tant de lenteur les opérations 
militaires ; qu’ ayant été attaqué par Castruccio, il fut vi¬ 
ctime , ainsi que plusieurs autres citoyens, de son peu de 
fidélité et de ses mauvais conseils ; et reçut la punition que 
sa conduite lui avait justement méritée. 
Les moyens que les Florentins employèrent pour réprimer 
l’audace de Castruccio, n’ayant pas eu le succès qu’ils en 
attendaient, ils se trouvèrent forcés d’élire pour leur seigneur 
Charles duc de Calabre, qui ne pouvant se rendre à Florence 
à cause des guerres de Sicile, dans les quelles il était en¬ 
gagé, y envoya Gualtieri français de nation, et duc d’Athènes: 
celui-ci ayant pris possession de la ville, et élu les magi¬ 
strats à son gré, se conduisit avec tant de modération, qu' 
il était aimé d’un chacun. L’année 1326. au mois de juillet, 
Charles fit son entrée à Florence avec mille cavaliers, qu’il 
avait à sa suite, et quoïque son arrivée parût empêcher à 
Castruccio de piller librement le pays florentin, elle n’apporta 
pourtant aucune utilité à la ville : au contraire elle lui causa 
un notable préjudice , puisque Charles qui ne devait en vertu 
des conventrons faites et stipulées, éxiger dans le cours d’une 
année plus de deux cent mille florins, en retira quatre cent 
mille. La venue de Charles en Toscane fit naître des soupçons 
aux Ghibellini de la Lombardie : Louis de Bavière fut invité 
à descendre en Italie en 1327. par Galeazzo Visconti et par 
d’autres tyrans lombards; et ayant passé en Toscane par l’aide 
de Castruccio, s’empara de Pise, où s’étant pourvu de l’ar¬ 
gent dont il avait besoin, il dirigea son chemin vers Rome. 
Charles craignant quelque entreprise contre le royaume de 
Naples, abandonna Florence, et y laissa messire Philippe 
da Saggineto pour son vicaire. Pendant ce temps, Castruccio 
ayant occupé Pise, les Florentins au moyen d’un traité lui 
enlevérent Pistoye, qui malgré leurs sécours, dut peu après
	        
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