Full text: précedée d'un abrége de l'histoire florentine (1)

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rent 36. citoyens dans la classe du peuple, les quels joints 
à deux chevaliers qu’on avait fait venir exprès de Bologne, 
furent chargés de réformer le gouvernement de la ville. Ces 
novateurs la divisèrent en autant de sections qu’on y comptait 
de métiers ; et élurent, pour chacune d’elles, un magistrat 
qui devait exercer les fonctions de juge à l’égard des individus 
qui en faisaient partie. En outre on distribua à chaque métier 
ou section un étendard: en cas de besoin tous les citoyens 
devaient se reunir sous ces banières , armés de pied en cap. 
Ces métiers furent d’abord fixés au nombre de douze, savoir; 
sept majeurs, et cinq mineurs: ces derniers augmentèrent dans 
la suite , et parvinrent jusqu’ à quatorze . Finalement les 
trente-six fondateurs firent d’autres réglemens pour le bien 
commun. Malgré tous ces beaux avantages, on voyait diminuer 
journellement la puissance des Ghibellini. Le comte Guido 
après avoir commis beaucoup d’extorsions,fut chassé de Florence, 
d’où furent aussi contraints de partir les Ghibellini, qui se 
réfugièrent dans leurs campagnes: le peuple resta donc vain¬ 
queur. Ceux qui étaient animés du désir d'être utiles à la 
république, proposèrent de concilier tous les partis et de faire 
rappeler les citoyens absens de l’une et de l’autre faction 
Les Guelfi rentrés en 1267. pardonnèrent l’iniure qu’ils ve¬ 
naient de recevoir des Ghibellini. Néaumoins ceux-ci étaient 
si odieux au peuple et aux premiers, qu’ils prirent sponta¬ 
nément la fuite deux jours avant l’arrivée a Florence des troupes 
que le roi Charles envoyait en Italie pour s’opposer aux pré¬ 
tensions de Corradino neveu de Manfredi, que l'on disait venir 
de l’Allemagne pour faire la conquête du royaume de Naples. 
Après leur départ, on réorganisa l’état de la ville tout à 
l’avantage de la faction guelfa, et on confia les rênes du gou¬ 
vernement à douze magistrats, dont les fonctions ne duraient 
que deux mois, et qu’on appela Buonomini au lieu d’anciens. 
On établit ensuite un conseil de quatre-vingt citoyens sous 
le nom de credenza; et enfin on créa cent-quatre-vingts mem¬ 
bres du peuple, trente par quartier, qui, avec la credenza 
et les douze Buonomini, composaient le conseil général. On 
institua encore un autre conseil de cent-vingt membres, boui¬ 
geois, plébeiens, et nobles: ce dernier conseil devait décider 
en dernier ressort les affaires dont s’étaient occupés les autres 
magistrats, et était exclusivement chargé de nommer aux em¬ 
ploys de l’état. Tout étant favorablement disposé pour maintenir 
les Guelfi à l’abri des entreprises de leurs ennemis, on en vint 
à la division des biens des Ghibellini en trois portions, dont 
une fut adjugée au magístrat de la Parte appelé les capitaines, 
une autre aux Guelfi pour les indemniser des dommages soufferts, 
et l’on confisqua la dernière ; et pour maintenir la Toscane dans 
la faction guelfa, le pape nomma le roi Charles, vicaire im¬ 
périal de cette province. Les Florentins, en vertu de ce nouveau 
gouvernement, conservaient leur réputation au dedans par le 
moyen des lois, et au déhors par les armes, lorsque Gregoire 
X. qui était contraire à tout esprit de parti, vint à passer 
par Florence pour aller en France. Ce pontife prosita des on
	        
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