NOTES DU LIVRE VIII.
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Gard. Elle est composée de trois rangs d'arcades superposées
(Voyez la vignette du titre de ce second volume); le rang inférieur est
formé par six arches, le second en a onze, et le troisième trente¬
cinq. La hauteur des éaux de l'aqueduc au-dessus de celles de la
rivière est de quarante-huit mètres. Les pieds-droits et les voûtes
sont çonstruits en pierre de taille, sans aucune espèce de ciment :
la cuvette seule est en moellon maçonné à bain de mortier, et
recouvert à l'intérieur d'un enduit de cinq centimètres d'épais¬
seur. Aujourd'hui, au-dessus de cette couche, il en existe une
autre extrêmement dure, provenant de dépôts formés par les eaux.
Cet aqueduc fut rompu à ses deux extrémités, lors de l'invasion
des barbares qui assiégèrent la ville de Nîmes, vers le commen¬
cement du v' siècle. Depuis ce temps, il n'a pas été réparé. Seule¬
ment, en 1743, on y fit quelques travaux de soutènement; on
prolongea les piles inférieures, et on y établit un pont qui fait
partie de la route de Nîmes à Avignon.
Trois aqueducs fournissaient de l'eau dans la ville de Lyon. Le
premier, construit par les troupes de M. Antoine, tirait ses eaux
du mont d'Or ; le second les prenait dans la Loire, près de Feurs,
et le troisième conduisait sur les hauteurs de Fourvières les eaux
du Janon et du Giers. Ces trois aqueducs sont revêtus, à l'exté¬
rieur, de l'ouvrage désigné sous le nom de opus reticulatum.
Un aqueduc, dont il reste encore dix-sept arches, auprès de
Jouy , amenait à Metz les eaux du ruisseau de Gorze. Il avait en¬
viron six lieues de développement; il traversait la vallée de la
Moselle, à un endroit où elle a plus d'un quart de lieue de lar¬
geur. Sa disposition devait être analogue à celle du Pont du Gard.
Enfin, l'aqueduc d'Arcueil, construit par l'empereur Julien,
conduisait au palais de ce prince et aux thermes, dont on voit
encore les restes dans la rue de la Harpe, à Paris, des eaux de
sources rassemblées près des villages de Louan, Montjean et
Chilly. Il a été détruit pendant les guerres du moyen âge, et ré¬
tabli suivant un nouveau plan, dans le cours du xVIIe siècle.
Nos principaux aqueducs modernes sont celui de Montpellier,
celui de Buc, près de Versailles, et celui de Maintenon, l'une
des plus vastes entreprises du règne de Louis XIV, qui fut aban¬
donné après avoir coûté près de neuf millions.
73.— Fiunt generibus tribus. Palladius (Écon. rur., liv. ix,
ch. 1 1) ajoute une quatrième manière de conduire les eaux ; ce sont
les canaux de bois : « Quand il s'agit de conduire l'eau, dit-il, d'un
lieu dans un autre, on a recours à un canal construit en macón¬
nerie, ou à des tuyaux de plomb, ou à des canaux de bois, ou