Full text: Vitruvius: Tesoro De Las Tres Lengvas Española, Francesca, Y Italiana

SECOND LIVRE tes ces apparences nous pouuons juger que telles furent les in-
uentions des baſtiments de nos premiers predeceſſeurs.

Mais comme il ſoit ainſi qu’en mettãt journellement l’entẽte
à l’œuure, les mains des hõmes ſe rendoyẽt plus ſtilees & ouurie-
res les eſperits induſtrieux en l’exercitant par couſtnme, paruin-
drẽt à la raiſon des arts: puis au moyẽ de l’induſtrie ſuruenue dãs
leurs entendements, aduint que ceux qui plus s’addonnoyẽt à ces
choſes, commencerent à en faire profeſſion, & s’en dire maiſtres. Conſideré donc que les inuentions eurent tels commẽcements,
& que Nature n’auoit ſans plus orné les perſonnes de ſentiment
comme les autres beſtes, ains muni leurs penſees de bonnes ap-
prehenenſions pour ſouſmettre tous autres animaux à leur arbitre: ces premiers peres procedãs par degrés à la fabrique de leurs e-
difices enſemble à tous autres arts, ils paruindrent d’vne vie chã-
peſtre à ciuilité amiable, qui les fit aſpirer à plus hautes choſes, & s’ẽployer à inuentions plus profondes, nees de la diuerſité des fã-
taſies, ſi bien qu ils s’employerent à ne faire ſeulement des loget-
tes, mais à baſtir belles maiſons eſtoffees de bonnes murailles de
brique ou de pierre, & à couurir la charpenterie de tuile ou bar-
deau. Apres, quãd par ſucceſſion de tẽps leurs diſcretions vindrẽt
à diſcourir à trauers les obſeruations des eſtudes, ils ſortirent des
choſes incertaines, & entrerẽt en la practique de ſymmetries: car
voyãt que Nature auoit aſſez produit de matieres, & que l’abon-
dãce eſtoit ſuffiſante pour baſtir, ils ſe mirẽt à nourrir d’exercices
leurs fantaſies, qui ne faiſoyẽt que naiſtre: leſquelles eſtãs augmẽ-
tees par le moyẽ des arts ja inuentés, firẽt enrichir les baſtiments
de particularités aggreables pour viure plus honnorablement, & s’entretenir en delices. Voilà pourquoy je diray cy apres ſelõ ma
poſſibilité les choſes qui me ſẽblent cõuenables à l’vſage des edi-
fices, ſãs oublier leurs qualités, & les vertus qu’elles peuuẽt auoir.

Toutesfois, ſi quelcun vouloit diſputer que j’ay peruerti l’or-
dre en ce liure, & eſtimoit ſelon ſon jugement qu’il deuroit eſtre
le premier: à fin qu’il ne penſe que i’aye failli, je luy rendray ceſte
raiſon: Quand j’eſcriuoye en mõ premier volume quel doit eſtre
le corps d’Architecture, il me ſembla raiſonnable de ſpecifier
tout d’vne voye de quelles ſciences & diſciplines elle doit eſtre
decoree: & dire quelles choſes il y faut employer: & à quelles fins
ou effects ces eſpeces ont eſté produites. Sans point de doute
celà me fit preallablement diffinir quelles parties doyuent eſtre

Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.

powered by Goobi viewer