Full text: Ufano, Diego: Artillerie, ou vraye instruction de l' artillerie et de ses appartenances

De l’Artillerie. vn peu au bout de la boulle pour entrer quelque peu en la piece, & s’y tenir bien ſerrées. Car ayant tant ſoit peu d’air la poudre exhalant par là, le coup perdroit beaucoup de ſa
force. Ne les faut remplir de poudre que iuſques à {5/8} du tuyau, y adiouſtant vn peu de
foing & la fermans d’vn tappon de bois, & ce afin que le boulet qui eſt au bas de la piece
affermi d’vn peu de foing ou d’eſtoupes, afin qu’il ne tombe, ſoit tant plus rudement
pouſſé.

De ce rang ſont auſſi les petits ou grands mortiers deſquels on ſe ſert, non ſeule-
ment pour endommager l’ennemy, de toutes ſortes de feux artificiels, tant par eau que par
terre, mais auſsi pour tirer des boulets, ou des cailloux, cloux, ramages de fer, & de chaiſ-
nes: Deſquels l’vſage eſt auſsi fort vtile és villes, non ſeulement pour les effets deſſuſdits,
mais auſsi, quand l’ennemy ſe ſeroit approché à couuert, de ſi pres de quelque muraille,
ou du pied de quelque tour pour la miner, & ietter par terre, qu’on ne le pourroit em-
peſcher d’ailleurs. Alors la mettant au pied de dedans ce lieu, & l’adjuſtant en ſorte
que le boulet eſtant pouſſé en haut, vint à tomber de ſon mouuement naturel au lieu
où ſe tiennent les ennemis, on les peut endommager, & faire quitter leur entrepriſe,
comme nous monſtrerons en vne figure à part. Pour ietter feux artificiels il n’y ſaut que
{1/5} ou {1/6} de poudre fine, du poids de ce qu’on veut tirer. Mais pour vn boulet ſans feu, ou
autre des ſuſdites matieres il y en faut mettre {1/2} du poids de poudre fine. Concluant ainſi
cet aduertiſſement par lequel vn bon canonnier ſe pourroit auſsi faire bon fondeur
d’Artillerie.

30. CHAP. VIII.
La raiſon pour laquelle pluſieurs pieces ont esté refonduës pour estre reduites
à vne ſeule fonte ou forme bien proportionnée.

AY ant bien demonſtré la diuerſité des pieces d’artillerie, tant antiques que moder-
nes, auec l’vſage commun & plus profitable d’icelles: Ie n’ay pas encor fait men-
tion, comme i’eſtois obligé, de ceux qui ont eſté les principaux & premiers inuen-
teurs des meilleures fontes: leſquels toutesfois ie ne veux pas oublier. Quand doncques
aux meilleures, & mieux proportionnées pieces d’Artillerie, certainement à mon iuge-
ment & à celuy de ceux qui en ſçauront mieux & plus parfaitement iuger, l’Empereur
Charles V. d’heureuſe memoire, en doit auoir l’honneur. Ce qui s’eſprouue par pluſieurs
de ſes pieces, tenuës en diuers endroits, de ceux qui en ont la cognoiſſance en ſinguliere
reputation. I’en feray le recit de quelques-vnes.

De fait, au fameux chaſteau d’Anuers ſe garde encor pour le iourd’huy vn canon
de ſa fonte, qui dés le bout iuſques à ſa bouche a 18. calibres: & a la chambre à l’endroit de
la lumiere, l’ayant moy-meſme meſuré d’vne petite cordelette, tout à l’entour, 8 {1/2} deſdits
calibres, tirant 45. lb. de fer, auec 22. lb. de poudre fine, & peſant 70. quintaux & 40. lb. Sans lequel, comme il appert par vn memoire du Sergent Iean de Holmedo, des pieces
qu’il trouua l’an 160 1. audit chaſteau, il y en a eu encor d’autres. A ſçauoir vn canon de
meſme fonte Imperiale, ayant 17 {1/2} calibres de longueur, & a la chambre 8. calibres d’eſ-
poiſſeur, tirant 48. lb. defer, & peſant 70. quintaux.

Item vn autre canon Imperial de 17. calibres, & le refort de 7 {3/4} de calibres, tirant
50. lb. de fer, & peſant 69. quint. 80. lb. Sans leſquels deux canons, il y auoit encorquel-
ques canons renforcez, de la fonte de Don Iean d’Auſtriche, de fort belle taille, & ſin-
gulierement propre aux façons de guerre. Le premier auoit 17. calibres, & de refort 9. calibres, tirant 40. lb. de boulet, auec 27. lb. de poudre fine, & peſoit 72. quint. Le ſecond

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