Full text: Voltaire: Elémens De La Philosophie De Neuton

DE LA PHILOSOPHIE mes, que toutes nos ames, à un certain â-
ge, portent des diſtances, des grandeurs,
des ſituations, nous font penſer, qu’il n’y
a qu’à ouvrir les yeux, pour voir de la ma-
niere dont nous voyons. On ſe trompe; il y faut le ſecours des autres ſens. Si les
hommes n’avoient que le ſens de la vûe, ils
n’auroient aucun moyen pour connaitre l’é-
tendue, en longueur, largeur, & profondeur; & un pur Eſprit ne pourroit jamais la con-
naitre, à moins que Dieu ne la lui revelât. Il eſt très-difficile de ſéparer dans notre en-
tendement l’extenſion d’un objet d’avec les
couleurs de cet objet. Nous ne voyons
jamais rien que d’étendu, & de-là nous
ſommes tout portez à croire, que nous
voyons en effet l’étendue. Nous ne pou-
vons guère diſtinguer dans notre ame ce
jaune que nous voyons dans un Louïs d’or,
d’avec ce Louïs d’or dont nous voyons le jau-
ne. C’eſt comme, lorſque nous entendons
prononcer ce mot Louïs d’or, nous ne pou-
vons nous empêcher d’attacher, malgré
nous, l’idée de cette monnoye au ſon que
nous entendons prononcer.

14.1.

La vûe
ne peut
faire
connai-
tre l’é-
tendue.

Si tous les hommes parloient la même

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